Brest et l’île Longue ou Chronique de l’île mystérieuse…
- Publication le
Brochure « Mémoire vivante »
IHS CGT 29
Maison du peuple
2, place Édouard Mazé
29200 Brest
Parue en mai 2026, cette brochure a le mérite de remettre en lumière un sujet particulièrement brûlant en ces temps de militarisation et de réorientation de l’appareil industriel vers la reconstitution d’un bloc militaro-industriel.
Brest, c’est une enclave militaire depuis toujours, entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est aussi l’arsenal, haut lieu du prolétariat et des agents civils de l’armée dont dépend la base, ceux-là mêmes qui, à partir de 1972, ont traversé la rade pour intégrer le site ultra sensible des sous-marins nucléaires, et le monde des silos où sont stockées les têtes nucléaires.
La grande muette a murmuré en septembre 1970 au personnel civil, mais aussi aux militaires : « Les risques d’irradiation ou de contamination sont pratiquement nuls »… Et c’est en 1996 que l’on apprend, même si des militants le savaient depuis longtemps, que civils et militaires étaient exposés à des radiations, ainsi sans doute que les centaines de milliers d’habitants aux environs… Irradiés, en bon français, ça donne des personnes développant des cancers professionnels de toute nature et le gonflement de la rubrique nécrologique du journal local, Le Télégramme. C’est ainsi que les Brestois doivent recevoir des doses de pastilles de chlore et que les enfants participent à des exercices de survie à l’école dès la maternelle… en se cachant sous les tables. Une sacrée protection si l’île Longue explose !
Évidemment, la brochure de la CGT 29 ne va pas jusqu’à demander la fermeture de la base de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, ni la transformation de Brest en port à usage civil uniquement.
Elle décortique cependant, sans hésiter à critiquer son action de l’époque, la période où les membres du personnel apprennent leur contamination et en parallèle les grosses mobilisations contre les plans sociaux dans les arsenaux et la bascule vers la structure Direction des constructions navale (DCN), aujourd’hui Naval Group. C’est la période « Brest Debout » où la lutte pour l’emploi va estomper le scandale sanitaire.
La brochure s’agrémente d’une rare photo d’un sous-marin nucléaire sortant de la base. Une violation du secret défense ?
Correspondant Bretagne
