
Suite au terrible meurtre de Lyhanna, 11 ans, des marches et rassemblements ont lieu pour soutenir sa famille et ses proches, et rappeler la réalité des violences contre les enfants.
160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles tous les ans. Huit victimes sur dix sont des filles, et la quasi-totalité des agresseurs sont des hommes : ces actes sont une manifestation de la violence du patriarcat.
La récupération sordide et coupable de la droite et de l’extrême droite
Loin d’apporter une réponse systémique, la droite et l’extrême droite répondent comme toujours avec leur discours sur le prétendu « laxisme » de la justice.
Ces politiciens portent pourtant une part de responsabilité, quand ils soutiennent toutes les coupes budgétaires dans les services sociaux, là où précisément les victimes peuvent être écoutées et accompagnées. Ils ne jurent que par l’école privée, où on ne compte plus le nombre d’affaires de pédocriminalité. Et ils s’opposent fermement à la tenue des séances d’éducation à la vie affective dans les écoles, et d’éducation à la sexualité chez les adolescents… qui permettent justement d’apprendre aux enfants à dénoncer des comportements problématiques.
Le gouvernement et la police ont manifestement mieux à faire
Le ministre Darmanin – lui-même accusé de viols – a présenté ses excuses au nom du gouvernement pour les manquements qui ont mené à la mort de Lyhanna.
Les procureurs lui ont répondu en rappelant l’avoir alerté depuis longtemps sur les délais de traitement des plaintes, car leur ministre leur demande de traiter en priorité les affaires de narcotrafic. La police et la justice sont bien plus rapides quand il s’agit de juger en comparution immédiate des jeunes de quartiers populaires pour des petits larcins… ou de convoquer des syndicalistes et des militants qui ont critiqué trop fort le pouvoir !
Des mesures choc sont prises lorsque des affaires éclatent, mais elles sont aussi inefficaces que spectaculaires. Après le scandale des violences dans le périscolaire à Paris, la mairie a suspendu 78 animateurs et animatrices… dont 43 pour des motifs qui n’ont pas de rapport. Elle ne répond pas aux problèmes réels : les sous-effectifs dans les écoles, où un adulte peut se retrouver à encadrer seul un groupe d’enfants, alors qu’il en faudrait toujours au moins deux, le recrutement de vacataires (10 000 sur les 15 000 animateurs de la ville) sans formation…
Une question d’ampleur et de fond
Les responsables politiques de gauche disent aussi, à leur manière, que la justice n’a pas assez de moyens. Mais c’est d’abord la prévention qui est sous dotée : la répression, elle, n’empêche pas les violences de se produire…
Beaucoup des préconisations rendues en 2023 par la Commission indépendante sur les violences faites aux enfants (Ciivise) pour mieux détecter les cas et accompagner les victimes, ont été rangées dans un tiroir… Après des décennies de suppressions de postes et de baisse des moyens dans les services publics, les écoles et établissements scolaires sont en pénurie de psychologues et d’infirmières, qui pourraient recueillir la parole des enfants et donner l’alerte ; les services sociaux et les centres d’hébergement sont noyés sous les demandes et ne peuvent accueillir des victimes qu’il faudrait éloigner d’urgence de leur agresseur ; la psychiatrie est trop exsangue pour accompagner les victimes.
Cette société est incapable de prévenir l’ensemble des violences faites aux enfants : en 2025, au moins vingt-six mineurs sans domicile fixe sont morts dans la rue, dont quatorze de moins de 4 ans, et au moins cinq adolescents en stage ou en apprentissage ont été tués dans des accidents du travail, puis déjà quatre en 2026.
La raison d’être de l’État, des gouvernements capitalistes, de la police et de la justice, c’est la défense de l’ordre social et de la propriété des plus riches. Jamais la protection des plus vulnérables ne sera leur priorité.