jeudi 19 mars 2026

elections

 

Un vote de révolte, une force pour les combats à venir

Le NPA-Révolutionnaires était présent dans 22 communes à ces élections municipales : Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Toulouse, Lille, Rouen, Nantes, Grenoble, Angers, Bagnolet, Bordeaux, Lormont, Cenon, Pessac, Caen, Gennevilliers, Ivry, Metz, Nanterre, Rennes, Saint-Étienne-du-Rouvray. Nos 29 listes ont obtenu au total 18 445 voix. C’est autant de travailleurs, travailleuses, jeunes et retraités qui ont voulu exprimer leur rejet d’un système capitaliste qui exploite, opprime et marche à la guerre.

Par ce vote, elles et ils ont choisi leur camp social, celui des travailleurs et des travailleuses, et ont affirmé l’urgence de défendre des perspectives révolutionnaires : refuser la barbarie capitaliste, lutter et s’organiser pour arracher leur pouvoir aux ultra-riches et aux patrons, pour enfin organiser la société en fonction de nos besoins à tous et toutes. Ces résultats électoraux, d’autant plus significatifs qu’ils sont à contre-courant, donnent de la force à notre camp social et aux combats qui se mènent chaque jour contre l’austérité, l’exploitation, la violence sociale, le racisme, les guerres, le saccage de la planète… C’est un encouragement pour toutes celles et ceux qui les mènent ! Additionnés avec le reste de l’extrême gauche, c’est plus de cent mille travailleurs, travailleuses, jeunes et retraités qui se sont exprimés pour ces perspectives. Une force pour les combats à venir !

Le 16 mars 2026

 

 

david

 

Quand David gagne contre Goliath !

C’est une première en France, la justice a rendu raison aux 83 ouvrières turques qui, aidées du syndicat Petrol-Is en Turquie et d’ONG telles qu’ActionAid et Sherpa en France, s’étaient portées partie civile pour dénoncer les manquements du groupe Yves Rocher dans son devoir de vigilance quant au respect des droits fondamentaux des salariés qui travaillaient dans sa filiale turque Kosan Kozmetik.

En 2018, 130 ouvrières turques ont été licenciées parce qu’elles avaient décidé de se syndiquer pour se battre contre des conditions de travail inacceptables et inhumaines, mais également pour obtenir des augmentations de salaire. Elles refusaient les humiliations, les différences de salaire de l’ordre de 20 % entre les femmes et les hommes, le harcèlement sexuel systémique, l’absence de protection et de prévention dans les processus de production pour protéger leur santé.

Pendant un an, ces ouvrières se sont battues, occupant le devant de leur usine pour exiger leur réintégration malgré la pluie, la neige ou la canicule. Elles avaient été licenciées au titre de l’article 25-2 du Code du travail turc qui, comme pour les terroristes, les inscrivaient sur une liste noire les empêchant de retrouver du travail. Elles sont venues jusqu’au siège social d’Yves Rocher pour demander des comptes et ont vécu pendant un an grâce à la solidarité des riverains, des travailleurs, mais également grâce à une solidarité internationale organisée par leur syndicat.

Elles n’ont pas été réintégrées, mais certaines, prises à la gorge par l’absence de revenus, ont été obligées de signer un protocole avec Yves Rocher, ce qui leur a permis d’effacer le sceau de la honte lié à l’article 25-2, avec une compensation dérisoire face à inflation et au coût de la vie à Gebze, la banlieue ouvrière d’Istanbul où se situe l’usine où elles travaillaient.

Elles sont venues en France, au tribunal de Paris, témoigner de ce qu’elles avaient vécu pendant des années dans cette usine. Elles exigeaient la reconnaissance de la responsabilité du groupe. La justice a tranché et fait payer au groupe 48 000 euros à six anciennes salariés et 40 000 euros à Petrol-Is. Mais nous sommes loin du compte : ce jugement ne fixe un dédommagement que pour très peu de salariées, sous prétexte que les autres avaient signé un protocole de transaction. Un tel jugement, s’il reconnaît pour une fois la responsabilité d’un groupe dans le comportement de ses filiales hors du pays, fixe des compensations qui ne sont qu’une goutte d’eau dans les profits engrangés grâce, justement, aux conditions de travail déplorables imposées. De tels montants, s’ils constituent une reconnaissance pour les intéressées, ne sont en rien dissuasifs, ce qui renforce l’impunité de ces sociétés qui se permettent de traiter des travailleurs d’autres pays comme des quantités négligeables, dont la vie n’a aucune valeur.

Régine Tournier

À la une