vendredi 28 août 2026

medef

 

Une fête des patrons financée par le contribuable



Deux jours durant, le Medef a loué le stade Roland-Garros, à Paris, pour organiser son université d’été baptisée « La rencontre des entrepreneurs ». Le clou de l’évènement était le débat avec sept candidats à la présidentielle retransmis en direct sur LCI. Cette petite sauterie a coûté pas loin de 300 000 euros. Pas grave, puisque la principale organisation patronale a réussi à la faire sponsoriser avec l’argent du contribuable. Comment ? En demandant à des organismes publics de mettre la main au porte-monnaie en devenant « partenaires » de l’évènement. C’est ainsi que la Banque publique d’investissement, France Travail, l’Agence de la Transition écologique et l’Office français de la biodiversité ont déboursé chacun 60 000 euros pour être « partenaire gold » et avoir droit sur place à un stand de 24 m². De leur côté, l’Urssaf, la mission French Tech (rattachée à Bercy) et l’Association pour l’emploi des cadres ont craché 30 000 euros au bassinet pour devenir « partenaire silver ». Et enfin d’autres ont obtenu le statut de « partenaires bronze » en versant des sommes plus modestes. Et le tout avec la bénédiction du gouvernement et des différents ministères. On dit merci qui ?

film

 

La Bataille de Gaulle, parties 1 et 2, film d’Antonin Baudry

Nos ancêtres les gaullistes ?

Les deux films d’Antonin Baudry cartonnent au box-office. Présentés comme une grande fresque historique et familiale, ils engrangent déjà plus de 2 millions d’entrées chacun. Il est vrai que les deux films sont portés par un certain souffle et des acteurs talentueux. Ils ont été encensés par toute la classe politique française, de Retailleau à Mélenchon en passant par Glucksmann. Une unité nationale qui a de quoi nourrir une certaine méfiance.

Les États-Unis comme puissance prédatrice

L’un des axes originaux pris par Antonin Baudry est de mettre en lumière le rôle des États-Unis de Roosevelt, qui cherchent à remodeler le monde selon leurs intérêts pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. La France telle qu’elle existait en 1940 est dans le viseur de Roosevelt, qui envisage un temps de la couper en deux, en rattachant le Nord à une grande Wallonie. Le film montre aussi à quel point les États-Unis n’ont aucun scrupule à s’appuyer sur d’anciens vichystes, foncièrement antisémites, comme l’amiral Darlan, pourvu qu’il leur ramène des soldats et qu’il ne soit pas trop remuant. La critique de l’agressivité de l’impérialisme américain fait écho à la période que nous vivons aujourd’hui. C’est sans doute une des raisons qui expliquent le succès qu’a eu ce film, y compris dans la classe politique.

Une France libre ou un empire libre ?

De Gaulle, joué par Simon Abkarian, incarne ce personnage mythique qui, seul contre tous, aurait défendu l’idéal d’une France libre des nazis et indépendante des Américains. C’est vite oublier que la France « libre » est avant tout un empire colonial qui maintient sous sa domination des millions de personnes partout dans le monde. Les premiers pas des collaborateurs de de Gaulle dans le film se font d’ailleurs en plein cœur de l’Afrique, au Cameroun, au Tchad et au Congo, lorsque le général Leclerc vient rallier une partie de l’administration coloniale. Le film ne dit pas un mot des aspirations de liberté qui pouvaient exister dans cet empire et qui s’exprimeront largement dès 1945, conduisant au massacre par cette France libre de dizaines de milliers d’Algériens, d’Indochinois et de Malgaches dans les années suivantes.

Recycler l’État collaborationniste

Durant les plus de cinq heures que durent les deux films, on voit de Gaulle mener un combat pour gagner la légitimité de diriger la France au sortir de la guerre. Malgré d’autres prétendants soutenus par les Américains, il remporte la partie en gagnant le soutien de la « résistance » intérieure, unifiée sous la coupe de Jean Moulin. Le film nous dépeint cette course de vitesse autour d’un récit national incarné par l’homme providentiel venu sauver la démocratie. Une scène du film montre tout de même les enjeux sous-jacents à cette course de vitesse : à Alger, en 1943, la France libre incorpore et recycle gendarmes et policiers ex-vichystes, les mêmes qui ont fait la chasse aux Juifs et aux communistes. Et c’est là le rôle principal qu’a joué de Gaulle : grâce à la légitimité qu’il a acquise, il parvient à redonner du crédit à l’État bourgeois français, qui était pourtant au plus bas du fait de la collaboration avec le régime nazi. En cela, il a incarné un plan B alors que la bourgeoisie pouvait craindre de faire face à une vague révolutionnaire, comme à l’issue de la Première Guerre mondiale.

Un courage dévoyé

Ce que l’on peut tout de même apprécier dans le film, ce sont les scènes qui présentent le courage de personnes ordinaires : des jeunes qui manifestent contre le nazisme sous l’Arc de Triomphe en 1940, en passant par d’anciens brigadistes internationaux espagnols qui s’engagent avec le général Leclerc, ou des soldats africains qui combattent le nazisme, même si le film ne leur donne pas beaucoup la parole. La détermination de cette génération à refuser le fascisme est inspirante, bien qu’elle ait été mise au service de de Gaulle. Seul un parti communiste révolutionnaire aurait pu donner des perspectives plus larges à toute cette génération, contre les empires coloniaux et contre le capitalisme qui avait engendré le fascisme. Mais le Parti communiste français n’incarnait plus cette perspective. La bureaucratie stalinienne lui avait fait endosser le pacte germano-soviétique jusqu’en 1941, avant qu’il devienne l’un des principaux soutiens de de Gaulle.

De Gaulle a sauvé la liberté des bourgeois français de pouvoir continuer à profiter de l’empire colonial sans être sous la tutelle des capitalistes américains. Ce rôle, la bourgeoisie l’en a récompensé en le hissant au rang de héros national. Le film d’Antonin Baudry continue à entretenir ce piédestal.

Michel Marteron

samedi 22 août 2026

ete

 

Camp d’été internationaliste 2026 : un souffle internationaliste pour armer les combats à venir !

Une semaine d’échanges pour renforcer les révolutionnaires à l’international

Le camp d’été internationaliste s’est achevé après une semaine d’échanges, de formations et de débats militants, réunissant 300 camarades venus des États-Unis, de Grèce, de l’État espagnol, d’Allemagne, d’Autriche et de France.

Cette deuxième édition s’est tenue au cœur d’un monde littéralement en feu. Alors que les canicules et incendies meurtriers embrasent la planète, l’escalade guerrière se poursuit et, partout, les travailleurs et travailleuses de ce monde subissent exploitation, bas salaires, racisme et vagues de licenciements.

Ces catastrophes n’ont rien de naturel. Elles sont les manifestations les plus brutales de la barbarie capitaliste au 21e siècle. Il y a quelques jours, un nouveau cran a été franchi dans l’horreur avec le massacre de Ceuta : 140 de nos frères et sœurs de classe ont trouvé la mort aux frontières de Ceuta, sur les côtes de la Méditerranée, ce cimetière à ciel ouvert où Frontex veille à empêcher les étudiants et jeunes travailleurs qui cherchent une vie meilleure de franchir les barbelés.

Oui, les frontières tuent. Et nos gouvernements impérialistes en portent l’entière responsabilité, après des siècles de pillage et d’exploitation du monde entier. Hier comme aujourd’hui, ils jouent avec des vies humaines comme avec des pions. À Ceuta, c’était cette fois une macabre opération de communication afin de propager la haine contre les migrants. Mais les réactions populaires sur place ont depuis fait reculer les provocateurs racistes et d’extrême droite : l’ennemi, ce sont les milliardaires et les chiens de garde qui les servent à la tête et dans les rouages des appareils d’État, pas les migrants !

Face à la barbarie capitaliste, s’organiser pour donner de la force à nos combats

Face aux crimes d’un système régi par la loi du profit, les combats de la classe ouvrière sont la seule solution. Le camp d’été internationaliste a été l’occasion d’approfondir notre analyse de l’évolution de la situation mondiale et d’échanger sur les moyens de lui faire face.

Au cœur de nos débats : la montée des tensions et rivalités inter-impérialistes, alimentées par la compétition pour le contrôle des ressources et des marchés, avec pour corollaire une militarisation croissante qui fait peser le risque d’une généralisation des guerres.

Dans cette compétition exacerbée par l’instabilité mondiale, les bourgeoisies concurrentes à l’échelle internationale s’attaquent aux travailleurs et aux peuples en déployant un véritable arsenal d’armes de division massive : autoritarisme, racisme, xénophobie, nationalisme. Leur objectif : faire taire toute contestation et continuer à tirer le maximum de profits de l’exploitation de la classe ouvrière. C’est dans ce contexte que se renforcent les régimes autoritaires et que l’extrême droite progresse partout dans le monde. Ses succès électoraux s’accompagnent d’une offensive réactionnaire sur tous les fronts, au premier rang desquels figurent les attaques féroces contre la partie immigrée de notre classe et la chasse aux migrants.

Face à cette poussée réactionnaire et autoritaire, et à la colère populaire qu’elle suscite, de nouvelles « gauches » émergent. Elles prétendent incarner cette colère, mais ne sortent pas du cadre inoffensif de la défense de la « démocratie » par les élections. En appelant à des fronts contre le fascisme pour mieux se faire élire, elles se gardent bien de dénoncer le système capitaliste pour ce qu’il est, et contribuent, en réalité, à désarmer notre classe sociale.

À l’inverse de ces illusions portées par la gauche institutionnelle, nous affirmons qu’une seule chose pourra réellement empêcher la progression de l’extrême droite : ni un énième front électoral, ni une nouvelle « union de la gauche », ni un quelconque « moindre mal », mais une classe ouvrière qui retrouve confiance dans sa propre capacité à agir, à s’organiser et à défendre ses intérêts de manière indépendante.

Un pôle des révolutionnaires, pour dire que les travailleurs ne pourront compter que sur leurs propres forces

Les exemples ne manquent pas. Les nombreuses luttes actuelles de la classe ouvrière ont été au centre des discussions et des ateliers de notre camp internationaliste : de la grève générale en Bolivie aux grèves dans les usines aéronautiques européennes, des mobilisations pour la Palestine aux grèves ouvrières contre l’exploitation et la répression, en passant par les groupes d’autodéfense contre l’ICE aux États-Unis et la réaction populaire massive à Minneapolis…

Autant d’expériences qui posent la même question : comment transformer la colère en force collective, comment s’organiser pour défendre les intérêts de notre classe y compris dans l’unité d’action la plus large et, surtout, comment ouvrir une perspective d’émancipation ? Pour nous, une chose est certaine : seuls les combats politiques et l’organisation indépendante de la classe ouvrière peuvent tracer ce chemin.

Alors que de nombreuses échéances électorales se préparent pour l’année à venir dans les différents pays où nous militons, nous réaffirmons notre détermination à renforcer l’expression, y compris sur le terrain électoral, d’un pôle des révolutionnaires, indépendant de la gauche institutionnelle – même celle dite « radicale », qui n’est en réalité qu’une énième entreprise de recyclage des politiques « d’union de la gauche » dans le cadre des institutions et du pouvoir des capitalistes. Il n’y aura pas de raccourci : notre seule arme, c’est l’organisation et les luttes de la classe ouvrière pour ses intérêts.

Speak Out Now (États-Unis)
OKDE-Spartakos (Grèce)
Izar (État espagnol)
RSO (Allemagne, Autriche)
NPA-R (France)

vendredi 21 août 2026

                              Note du comité Nathalie Le Mél

Il n'est pas inutile de préciser que les langues de Bretagne le breton et le gallo sont régulièrement la cible de l'état "laïque" et "républicain".

Et qu'il vaut mieux ne pas prénommer votre garçon Fañch au moment de l'enregistrement à l'état civil ...


L’État contre les langues régionales

lundi 17 août 2026

ITALIE

 

Italie : un discours fasciste et sexiste

En Italie, le scoop politique de l’été est la création du parti néofasciste Futuro Nazionale par l’ex-général Roberto Vannacci, qui reproche au gouvernement Meloni de ne pas respecter ses engagements. Ce parti, qui revendique 100 000 adhérents, vient de publier son programme : « Un projet politique italien enraciné dans la tradition romaine et chrétienne » qui promet « une aventure nouvelle, celle d’une droite identitaire, pure et vitale »… En fait, un ramassis des pires préjugés réactionnaires.

Bien entendu, les migrants sont la principale cible du parti néofasciste. L’immigration est décrite en termes apocalyptiques : « Une véritable invasion, imposant de nouveaux modèles culturels, la destruction du corps et de l’âme de l’Italie et bouleversant nos lois, nos traditions, notre sécurité et notre liberté de continuer à vivre chez nous selon ce modèle que nous avons défendu et promu depuis des millénaires. »

Mais les « valeurs » de l’extrême droite sont également incompatibles avec l’égalité des sexes et le droit des femmes et des minorités sexuelles. Sur ce point, le programme est édifiant : l’an dernier, en Italie, 97 femmes ont été victimes de féminicides, le plus souvent de la part de leurs conjoints ou ex-conjoints, mais Futuro Nazionale promet d’abroger l’article du Code pénal, qui a introduit la notion de « féminicide », préférant parler de « violences passionnelles » (sic). Haro donc sur « un féminisme désormais bien ancré et le mythe d’une égalité qui nie les différences et les spécificités », et sur « le modèle éducatif de gauche, fondé sur l’idéologie de la lutte constante contre le patriarcat ». D’ailleurs, l’augmentation des violences faites aux femmes serait due à… « la disparition de toute trace de société patriarcale ». C’est pourquoi Futuro Nazionale veut « protéger le modèle du “patriarcat méditerranéen” qui vise à former des hommes forts capables de maîtriser leurs émotions et leurs passions et de protéger les femmes ».

Futuro Nazionale entend également « défendre la famille naturelle » et « privilégier la nécessité de promouvoir la vie, à commencer par le renouveau démographique » : dans la « société patriarcale », le rôle des femmes n’est-il pas de faire des enfants ?

Voilà le futur que promet l’extrême droite. Mais les femmes n’ont pas besoin d’« hommes forts » pour les protéger… ou les assassiner quand ils ne sont pas capables de « maitriser les émotions ».

Seules des femmes émancipées donneront des générations d’hommes libres.

Comme le disait le socialiste allemand August Bebel : « L’avenir appartient au socialisme, c’est-à-dire à l’ouvrier et à la femme. »

Thierry Flamand