La pollution marine due aux algues vertes est causée par les nitrates produits par les déjections des animaux (surtout les porcs) élevés dans des élevages industriels. Ces algues dangereuses prolifèrent dans huit baies et treize secteurs vasiers de Bretagne couvrant plus de 2 000 hectares. Elles ont coûté la vie à trois personnes depuis 1989. En 2021, dans un premier rapport fort de 300 pages, la Cour des comptes pointait déjà l’inaction de l’État dans ce domaine. Cinq ans plus tard, elle vient de publier un second rapport tout aussi sévère que le premier. Elle constate que sur les 33 recommandations et pistes d’action qu’elle avait proposées à l’époque, seules sept ont été suivies avec plus ou moins d’effet. Le reste a été superbement ignoré. Bien mieux, l’État a encore assoupli la législation permettant l’ouverture ou l’agrandissement d’élevages industriels en accroissant d’autant la pollution et la prolifération des algues.
Mardi 7 juillet, pancartes revendicatrices, drapeaux et chasubles de la CGT colorent un rassemblement d’une vingtaine d’enseignants chercheurs et de soutien réunis à l’entrée du campus. Cette grève a révélé au public la situation sociale de crise au sein de la vénérable institution catholique.
L’UCO est implantée dans une ancienne caserne de l’armée, dans les bâtiments qui furent pour la Bretagne le centre de préparation au service militaire du temps de la conscription. Hier le sabre, aujourd’hui le goupillon.
Une situation sociale sous tension
L’UCO est un établissement d’enseignement supérieur privé associatif, implanté de longue date sur le territoire costarmoricain, qui accueille chaque année près d’un millier d’étudiants (dont une part importante de boursiers) et qui bénéficie de soutiens financiers publics.
Sa filière « psychologie » représente les plus gros effectifs, formant désormais environ 250 étudiants de la première année de licence à la deuxième année de master, leur permettant d’acquérir le titre de psychologue. Cette filière génère une partie importante des ressources financières de l’association et est largement bénéficiaire.
Ses huit enseignants permanents, soutenus par des enseignants d’autres filières, faisaient grève pour alerter publiquement sur les incertitudes pesant sur la prochaine rentrée en psycho : en effet, deux d’entre eux, une enseignante et un enseignant, engagés depuis plusieurs années, ont reçu un courrier de la direction les informant du non-renouvellement de leur contrat. Et une annonce d’une baisse très conséquente des moyens humains octroyés (plus d’un équivalent temps plein) a été faite, alors même qu’une année de formation supplémentaire ouvre (master 2).
Par ailleurs, les enseignants considèrent que la manière dont les décisions sont prises par la direction et présentées au personnel le sont sans considération de leur surcharge de travail, déjà très importante cette année. Cette maltraitance institutionnelle a généré une importante souffrance pour nombre d’entre eux, conduisant à plusieurs arrêts-maladie.
Les grévistes demandaient :
la reconduction immédiate des contrats des deux collègues concernés ;
un recrutement supplémentaire pour assurer les moyens d’encadrement des étudiants de cette filière à la rentrée ;
l’arrêt de la dégradation des conditions de travail causée par la restriction des moyens accordés et par l’absence de concertation.
La réponse de la direction fut de proposer aux deux enseignants en CDD de postuler sur… leurs propres postes, ouverts au recrutement.
Un mépris somme toute peu chrétien !
La gréve coïncidant avec la fin de l’année scolaire le mouvement rebondira-t-il en septembre ?
Centre hospitalier du Rouvray (76) : le désastre et le drame
Publication le
Dans les services de psychiatrie, la chaleur est montée jusqu’à 36 °C et a frappé patients et soignants, touchés autant les uns que les autres par des coups de chaud provoquant des malaises. Les seuls endroits climatisés étaient les bureaux de la direction… On a eu droit à une nouvelle déco à base de couvertures de survie scotchées aux fenêtres. Résultat : la chaleur pénètre quand même et les couvertures de survie maintiennent la chaleur dans l’enceinte des unités. Pour remédier à ça, nos cadres ont eu la gentillesse de nous acheter des Mr. Freeze pour nous rafraîchir ! Déjà qu’il a fallu se battre pour que les patients aient une bouteille d’eau et un brumisateur chacun, on se passera de l’hypocrisie managériale. La pénurie de soignants est bien connue, mais celle des ventilateurs et des clim fut une découverte. Une guerre qui ne se joue pas entre les différents services de psychiatrie comme voudrait le faire croire la direction, mais bien entre eux et nous. Et ça les collègues l’ont bien compris puisque quand il n’y avait apparemment plus de ventilateurs pour les patients, eh bien certains sont allés les chercher dans les bureaux de la direction. Une fois de plus, les travailleurs et travailleuses ont dû s’organiser eux-mêmes pour garantir la sécurité des patients. Des salons télé de 20 m2 transformés en réfectoire pour 25 patients, des serviettes humides sur les plus fragiles et des draps sur les fenêtres sans volets. Malheureusement, ces moyens du moindre mal n’empêchent pas des situations qu’on aimerait éviter. Dans un service de long séjour de psychiatrie, un patient est tombé dans un coma hyperthermique et a fini en réanimation avec un pronostic vital engagé. La réponse du sous-directeur le lendemain du drame, c’est qu’il ne faisait pas si chaud dans le service en question. C’était la goutte de trop et les soignants du service n’ont pas hésité à partager la sueur de leur front en tête à tête avec lui.
L’UMD m’a tué
Ce sont ces mots que Pierre a écrits avant de s’immoler par le feu le 19 juin sur le parking de son ancien service, l’Unité pour malades difficiles (UMD). Soignant et militant du collectif des Blouses noires, Pierre a été licencié par la direction du centre hospitalier du Rouvray il y a deux ans au cours d’un arrêt maladie.
Ce passage à l’acte sur site est bien révélateur des souffrances liées et causées par le travail. En 2018, les Blouses noires dénonçaient déjà des conditions déplorables d’accueil des patients et de travail des soignants en psychiatrie. En 2026, ces conditions n’ont pas changé. La durée de vie professionnelle d’une infirmière fraîchement diplômée est réduite d’un an tous les ans avant de quitter définitivement l’hôpital public, les suicides chez les internes se multiplient, les unités de soins sont délabrées, les patients sont maltraités faute de budget et de personnel suffisants.
La direction essaye d’étouffer l’affaire. Sauf que ce suicide et le scandale de la pédopsychiatrie toujours d’actualité sont difficilement oubliables pour les travailleurs et travailleuses de l’hôpital. Depuis le début d’année, plusieurs rassemblements se sont tenus, pour protester contre les conditions de la réouverture d’une nouvelle unité pour enfants. Le bâtiment jugé insalubre et les équipes en sous-effectif majorent les souffrances psychiques des enfants accueillis. Le suicide de Pierre ayant déclenché une vague d’arrêts maladie à l’UMD, la direction implore les soignants des autres services de venir sauver les meubles. Là où la santé mentale est censée être au cœur des soins, celle des soignants est bien laissée pour compte.
Même si le deuil est présent, la volonté de se battre contre ce système pourri, où les travailleurs payent l’exploitation au prix de leur vie, doit trouver les moyens de s’exprimer largement.
Il est sans doute le plus connu des 9 000 prisonniers palestiniens, la plupart anonymes, enfermés dans les centres de détention de l’armée israélienne. Le docteur Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, à Gaza, a été arrêté le 27 décembre 2024, parce qu’il avait refusé l’ordre d’évacuation pour rester auprès de ses patients. Depuis lors, il est détenu sans inculpation ni procès, en vertu de la loi israélienne sur les « combattants illégaux ».
Le 10 juin 2026, la cour d’appel a rejeté sa demande de libération, et depuis il est encore plus soumis aux violences de ses gardiens. Son avocat a pu lui rendre visite le 2 juillet dans le centre d’interrogatoires « Rakfat », dans les sous-sols de la prison de Nitzan, située dans le centre d’Israël. Le Dr Abu Safiya est apparu accompagné par cinq gardiens masqués, mains et pieds enchainés, et le visage couvert de bleus. Il avait du mal à respirer et a semblé à plusieurs reprises être sur le point de s’évanouir. Il a dit à son avocat : « C’est sans doute la dernière fois que vous me verrez, ils m’ont amené ici pour me tuer. Je ne m’imagine pas continuer à vivre. C’est la fin. »
Selon l’avocat : « La dégradation de son état physique et mental, les bleus que j’ai vus sur son corps et les choses qu’il m’a dites pendant la visite ne laissent aucune place au doute : il est en danger immédiat. Il est obligatoire de le sortir d’ici, de le conduire dans un hôpital et de permettre un examen externe urgent de son état. » De son côté, « Doctors for Human Rights Israël » en appelle aux autorités et « avertit que face à l’état de santé du Dr Abu Safiya, tout retard dans cette intervention pourrait mettre sa vie en danger ».
Depuis le 7 octobre 2023, au moins 103 Palestiniens sont morts dans les centres de détention.