samedi 22 août 2026

ete

 

Camp d’été internationaliste 2026 : un souffle internationaliste pour armer les combats à venir !

Une semaine d’échanges pour renforcer les révolutionnaires à l’international

Le camp d’été internationaliste s’est achevé après une semaine d’échanges, de formations et de débats militants, réunissant 300 camarades venus des États-Unis, de Grèce, de l’État espagnol, d’Allemagne, d’Autriche et de France.

Cette deuxième édition s’est tenue au cœur d’un monde littéralement en feu. Alors que les canicules et incendies meurtriers embrasent la planète, l’escalade guerrière se poursuit et, partout, les travailleurs et travailleuses de ce monde subissent exploitation, bas salaires, racisme et vagues de licenciements.

Ces catastrophes n’ont rien de naturel. Elles sont les manifestations les plus brutales de la barbarie capitaliste au 21e siècle. Il y a quelques jours, un nouveau cran a été franchi dans l’horreur avec le massacre de Ceuta : 140 de nos frères et sœurs de classe ont trouvé la mort aux frontières de Ceuta, sur les côtes de la Méditerranée, ce cimetière à ciel ouvert où Frontex veille à empêcher les étudiants et jeunes travailleurs qui cherchent une vie meilleure de franchir les barbelés.

Oui, les frontières tuent. Et nos gouvernements impérialistes en portent l’entière responsabilité, après des siècles de pillage et d’exploitation du monde entier. Hier comme aujourd’hui, ils jouent avec des vies humaines comme avec des pions. À Ceuta, c’était cette fois une macabre opération de communication afin de propager la haine contre les migrants. Mais les réactions populaires sur place ont depuis fait reculer les provocateurs racistes et d’extrême droite : l’ennemi, ce sont les milliardaires et les chiens de garde qui les servent à la tête et dans les rouages des appareils d’État, pas les migrants !

Face à la barbarie capitaliste, s’organiser pour donner de la force à nos combats

Face aux crimes d’un système régi par la loi du profit, les combats de la classe ouvrière sont la seule solution. Le camp d’été internationaliste a été l’occasion d’approfondir notre analyse de l’évolution de la situation mondiale et d’échanger sur les moyens de lui faire face.

Au cœur de nos débats : la montée des tensions et rivalités inter-impérialistes, alimentées par la compétition pour le contrôle des ressources et des marchés, avec pour corollaire une militarisation croissante qui fait peser le risque d’une généralisation des guerres.

Dans cette compétition exacerbée par l’instabilité mondiale, les bourgeoisies concurrentes à l’échelle internationale s’attaquent aux travailleurs et aux peuples en déployant un véritable arsenal d’armes de division massive : autoritarisme, racisme, xénophobie, nationalisme. Leur objectif : faire taire toute contestation et continuer à tirer le maximum de profits de l’exploitation de la classe ouvrière. C’est dans ce contexte que se renforcent les régimes autoritaires et que l’extrême droite progresse partout dans le monde. Ses succès électoraux s’accompagnent d’une offensive réactionnaire sur tous les fronts, au premier rang desquels figurent les attaques féroces contre la partie immigrée de notre classe et la chasse aux migrants.

Face à cette poussée réactionnaire et autoritaire, et à la colère populaire qu’elle suscite, de nouvelles « gauches » émergent. Elles prétendent incarner cette colère, mais ne sortent pas du cadre inoffensif de la défense de la « démocratie » par les élections. En appelant à des fronts contre le fascisme pour mieux se faire élire, elles se gardent bien de dénoncer le système capitaliste pour ce qu’il est, et contribuent, en réalité, à désarmer notre classe sociale.

À l’inverse de ces illusions portées par la gauche institutionnelle, nous affirmons qu’une seule chose pourra réellement empêcher la progression de l’extrême droite : ni un énième front électoral, ni une nouvelle « union de la gauche », ni un quelconque « moindre mal », mais une classe ouvrière qui retrouve confiance dans sa propre capacité à agir, à s’organiser et à défendre ses intérêts de manière indépendante.

Un pôle des révolutionnaires, pour dire que les travailleurs ne pourront compter que sur leurs propres forces

Les exemples ne manquent pas. Les nombreuses luttes actuelles de la classe ouvrière ont été au centre des discussions et des ateliers de notre camp internationaliste : de la grève générale en Bolivie aux grèves dans les usines aéronautiques européennes, des mobilisations pour la Palestine aux grèves ouvrières contre l’exploitation et la répression, en passant par les groupes d’autodéfense contre l’ICE aux États-Unis et la réaction populaire massive à Minneapolis…

Autant d’expériences qui posent la même question : comment transformer la colère en force collective, comment s’organiser pour défendre les intérêts de notre classe y compris dans l’unité d’action la plus large et, surtout, comment ouvrir une perspective d’émancipation ? Pour nous, une chose est certaine : seuls les combats politiques et l’organisation indépendante de la classe ouvrière peuvent tracer ce chemin.

Alors que de nombreuses échéances électorales se préparent pour l’année à venir dans les différents pays où nous militons, nous réaffirmons notre détermination à renforcer l’expression, y compris sur le terrain électoral, d’un pôle des révolutionnaires, indépendant de la gauche institutionnelle – même celle dite « radicale », qui n’est en réalité qu’une énième entreprise de recyclage des politiques « d’union de la gauche » dans le cadre des institutions et du pouvoir des capitalistes. Il n’y aura pas de raccourci : notre seule arme, c’est l’organisation et les luttes de la classe ouvrière pour ses intérêts.

Speak Out Now (États-Unis)
OKDE-Spartakos (Grèce)
Izar (État espagnol)
RSO (Allemagne, Autriche)
NPA-R (France)

vendredi 21 août 2026

                              Note du comité Nathalie Le Mél

Il n'est pas inutile de préciser que les langues de Bretagne le breton et le gallo sont régulièrement la cible de l'état "laïque" et "républicain".

Et qu'il vaut mieux ne pas prénommer votre garçon Fañch au moment de l'enregistrement à l'état civil ...


L’État contre les langues régionales

lundi 17 août 2026

ITALIE

 

Italie : un discours fasciste et sexiste

En Italie, le scoop politique de l’été est la création du parti néofasciste Futuro Nazionale par l’ex-général Roberto Vannacci, qui reproche au gouvernement Meloni de ne pas respecter ses engagements. Ce parti, qui revendique 100 000 adhérents, vient de publier son programme : « Un projet politique italien enraciné dans la tradition romaine et chrétienne » qui promet « une aventure nouvelle, celle d’une droite identitaire, pure et vitale »… En fait, un ramassis des pires préjugés réactionnaires.

Bien entendu, les migrants sont la principale cible du parti néofasciste. L’immigration est décrite en termes apocalyptiques : « Une véritable invasion, imposant de nouveaux modèles culturels, la destruction du corps et de l’âme de l’Italie et bouleversant nos lois, nos traditions, notre sécurité et notre liberté de continuer à vivre chez nous selon ce modèle que nous avons défendu et promu depuis des millénaires. »

Mais les « valeurs » de l’extrême droite sont également incompatibles avec l’égalité des sexes et le droit des femmes et des minorités sexuelles. Sur ce point, le programme est édifiant : l’an dernier, en Italie, 97 femmes ont été victimes de féminicides, le plus souvent de la part de leurs conjoints ou ex-conjoints, mais Futuro Nazionale promet d’abroger l’article du Code pénal, qui a introduit la notion de « féminicide », préférant parler de « violences passionnelles » (sic). Haro donc sur « un féminisme désormais bien ancré et le mythe d’une égalité qui nie les différences et les spécificités », et sur « le modèle éducatif de gauche, fondé sur l’idéologie de la lutte constante contre le patriarcat ». D’ailleurs, l’augmentation des violences faites aux femmes serait due à… « la disparition de toute trace de société patriarcale ». C’est pourquoi Futuro Nazionale veut « protéger le modèle du “patriarcat méditerranéen” qui vise à former des hommes forts capables de maîtriser leurs émotions et leurs passions et de protéger les femmes ».

Futuro Nazionale entend également « défendre la famille naturelle » et « privilégier la nécessité de promouvoir la vie, à commencer par le renouveau démographique » : dans la « société patriarcale », le rôle des femmes n’est-il pas de faire des enfants ?

Voilà le futur que promet l’extrême droite. Mais les femmes n’ont pas besoin d’« hommes forts » pour les protéger… ou les assassiner quand ils ne sont pas capables de « maitriser les émotions ».

Seules des femmes émancipées donneront des générations d’hommes libres.

Comme le disait le socialiste allemand August Bebel : « L’avenir appartient au socialisme, c’est-à-dire à l’ouvrier et à la femme. »

Thierry Flamand

ORWEL

 

L’invisible Madame Orwell, d’Anna Funder

L’invisible Madame Orwell, d’Anna Funder
10/18, 528 p. 9,90 €

Depuis quelques années, plusieurs livres sont parus sur les compagnes de « grands hommes » pour souligner leur rôle essentiel – et ignoré, voire occulté – dans l’émergence des idées de leur compagnon. Une lectrice nous signale l’ouvrage d’Anna Funder, L’invisible Madame Orwell, et nous fait parvenir sa recension de l’ouvrage que nous publions ci-dessous.

Pourquoi lire L’invisible Madame Orwell d’Anna Funder ?

Pour découvrir comment Eileen, sa femme, a permis aux textes de George Orwell d’être ce qu’ils sont.

Pour réaliser que, sans partenaires à leurs côtés, qui assurent la matérialité de la vie quotidienne et assument les situations exceptionnelles, les écrivains parviendraient difficilement à créer une œuvre.

Pour éviter de faire partie des trentenaires qui, dit George Orwell dans Pourquoi j’écris, « renoncent à leurs ambitions personnelles […] et se consacrent essentiellement aux autres, quand ils ne sont pas tout simplement écrasés par le train-train quotidien ».

L’autrice, parce que son projet d’écriture vient se heurter à ses rôles de mère, d’épouse et de professionnelle, démontre dans cette biographie comment Eileen a renoncé à sa part créative et l’a mise à disposition de son compagnon. Elle fait ainsi apparaître le rôle fondamental qu’a joué Eileen tant dans l’écriture d’Hommage à la Catalogne que dans celle de La Ferme des animaux. Elle nous révèle une compagne prête à faire face à tous les dangers pour sauver George Orwell et d’autres militants de l’Independent Labour Party (le Parti travailliste indépendant), proche du Poum, en les faisant sortir d’Espagne quand Staline lançait ses sbires à leurs trousses pour trotskisme. Elle nous montre son courage, sa ténacité et son abnégation.

La position de l’autrice est clairement revendiquée : le livre analyse les mécanismes du patriarcat, « comment les hommes peuvent s’imaginer innocents au sein d’un système qui leur bénéficie et qui coûte aux autres », et la façon dont l’Histoire invisibilise les femmes.

M.-O. V.