dimanche 27 septembre 2026

 

Pour Macron aussi, l’ennemi principal est dans son propre pays





Jeudi 24 septembre, c’est un Macron dans l’impasse qui a livré une allocution qui ne contenait qu’une seule annonce : celle de l’engagement de moyens militaires français en Arabie saoudite dans une position d’appui subordonné à la guerre d’agression menée par les États-Unis contre l’Iran. Le prix des carburants ? Les travailleurs devront se contenter de l’aumône de 100 euros tous les trois mois, promise sous conditions par le gouvernement deux jours plus tôt. Et lui faire le plaisir de laisser de côté leurs mesquines revendications de pouvoir « vivre et pas survivre » alors que la vraie menace serait… Poutine – qui d’autre ? Mais le spectre qui hantait l’interview était celui d’un « mouvement social généralisé » dont Macron pense qu’il « ne nous aiderait pas collectivement ». Ça tombe bien, les lycéens qui débrayent en banlieue parisienne, les pompiers et fonctionnaires qui préparent la grève du 29 septembre et tous ceux qui s’apprêtent à se joindre aux Gilets jaunes le 17 octobre ne jouent pas dans la même équipe que le président des patrons.

Macron et la bourgeoisie française dans une triple impasse

Macron peut bien, après coup, regretter l’aventure militaire de Trump contre l’Iran qui a débouché sur le blocage d’Ormuz puis de Bab-el-Mandeb. Mais celle-ci s’inscrit dans la logique guerrière de contrôle des ressources en ces temps d’aggravation des rivalités impérialistes. Il est vrai que l’impérialisme français, de seconde zone, subit cette crise et en paye les conséquences, mais il n’en choisit pas moins son camp et annonce son implication aux côtés de l’Arabie saoudite, donc des États-Unis. Cette annonce officielle ne fait que sanctionner une participation plus officieuse depuis le début, typique des interventions militaires à l’extérieur de l’armée française pour défendre les intérêts des multinationales du pétrole, dont Total. Voilà la raison d’être des budgets militaires exponentiels alloués à la « défense » – défense des profits sûrement, mais de rien d‘autre.

La guerre est devenue le troisième poste de dépense de l’État, en forte augmentation. Cette année 2026, la première dépense sera « le service de la dette », c’est-à-dire les intérêts versés aux banques privées, en forte augmentation aussi puisqu’elle qui vient de dépasser l’Éducation nationale. Sur ce poste, aucune marge de manœuvre, le « marché » (euphémisme pour désigner les grands groupes financiers) fixe les taux d’intérêts de sa rente à vie. Comme le disait Marx il y a plus de 150 ans : « La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. » Les taux d’intérêts s’envolent dans le monde entier, signes annonciateurs d’une prochaine crise financière, donc le tribut social payé aux banques augmente avec eux de manière automatique. Un transfert de richesses gigantesque part des poches des travailleurs par les biais de la TVA et des taxes sur les carburants pour remplir les coffres des banques.

Ce moment où l’État est fauché comme jamais coïncide avec des records de profits. Onze milliards en six mois pour le profiteur de guerre Total, percée historique du CAC 40 et entrée de la France dans le Top 2 des pays qui versent le plus de dividendes aux actionnaires. Les 211 milliards (évaluation du Sénat) ou 270 milliards (évaluation d’experts indépendants) versés par l’État chaque année au patronat sous forme de subventions directes ou d’exonérations d’impôts et de cotisations sociales n’y sont pas pour rien. C’est surtout toute la politique antisociale menée par les gouvernements, de gauche comme de droite, pour durcir l’accès au chômage, pour faciliter les licenciements, pour fliquer les arrêts maladie, etc. qui permettent l’envolée du taux d’exploitation. Enfin l’appui impérialiste de l’armée aux affaires des capitalistes français, comme Total, Bolloré et Orano, notamment en Afrique, permet en plus d’y ajouter des surprofits de pillages néo-coloniaux.

Le gouvernement n’a effectivement aucune marge de manœuvre parce qu’il ne prendra ni sur la guerre, ni sur les banques, ni sur les profits. Il ne peut que prêcher la patience, comme le pape, dont la visite officielle tombe à point, en priant pour que la crise économique qui couve et l’explosion sociale qu’il mérite tardent un peu, le temps de tenir une élection présidentielle qui ne changera rien. Rien, car parmi les prétendants ayant une chance de passer, aucun n’a prévu de s’en prendre ni à la guerre, ni aux banques, ni aux profits. Certainement pas Le Pen et son « national-capitalisme » d’alternance au macronisme. Mais pas non plus Mélenchon qui prétend garantir les moyens militaires du « rayonnement » de la France « sur les cinq continents », négocier gentiment la dette avec « Francfort » (comme si les adversaires sur le sujet étaient « les Allemands » et pas la BNP) et « trouver une solution » non « punitive » avec Total.

Macron, Merz et Poutine, chacun contre leur propre peuple

Quelle ficelle tirer pour que ça tienne alors que, visiblement, « ceux d’en bas n’en veulent plus » ? La patrie en danger ! Le 18 septembre Macron a convoqué les principaux candidats à la présidentielle pour leur livrer des informations « confidentielles » sur la menace russe. Rien n’a filtré, mais peut-être que pas grand-chose n’a été dit.

La Russie est accusée d’« ingérences » et de « menaces hybrides ». Le régime de Poutine pratique certainement l’ingérence pour favoriser les intérêts capitalistes russes en France et en Europe, et pousser les candidats qu’il juge favorables. Mais ses méthodes et ses moyens relèvent de l’artisanat face à « l’allié » américain, qui, lui, à travers ses Gafam, contrôle les principaux réseaux sociaux, les outils et données numériques utilisées dans presque tous les ministères. D’autant plus que le gouvernement de Trump, comme sur les autres sujets, affiche la couleur et soutient ouvertement ses candidats – Le Pen en France, l’AfD en Allemagne, Orbán en Hongrie, Farage au Royaume-Uni…

Quant aux « menaces hybrides », elles semblent se résumer à des incursions de drones et d’avions de chasse dans les espaces aériens frontaliers ou à des « tests » dont on peine à comprendre la portée tant toutes ces affaires sont entourées de secrets (et de mensonges), comme l’attentat déjoué de l’aéroport de Leipzig. La « guerre hybride » semble bien plus concrètement menée par les puissances européennes contre la Russie de Poutine. Alors que Zelensky annonçait de manière triomphale avoir touché Moscou par des frappes aériennes dimanche 20 septembre, des entreprises françaises et leurs relais politiques s’empressaient de se vanter de l’indispensable efficacité de leur matériel tricolore pour les mener.

La Russie d’un côté et les puissances européennes, dont la France et l’Allemagne, de l’autre se renvoient la responsabilité de l’aggravation des tensions. Il est clair que la surenchère verbale et guerrière est organisée au moins autant par les puissances européennes que par la Russie. La concurrence impérialiste pour les marchés et les ressources est à l’œuvre entre un capitalisme russe dopé au militarisme depuis 2022 et des États impérialistes européens soucieux de défendre leur domination sur le continent élargi, domination écornée à la fois par la tentative russe d’invasion de l’Ukraine et par les coups de boutoir de l’allié américain. Mais s’y ajoutent des considérations dites « de politique intérieure » dans les deux camps, en réalité de lutte de classe, qui ne sont pas à négliger.

L’ennemi est dans notre propre pays

Le fait que la « menace russe » soit avant tout brandie par Macron contre la classe ouvrière en France et que la guerre soit devenue le seul moyen pour Poutine de se maintenir au pouvoir contre la classe ouvrière en Russie ne signifie pas que le basculement vers une guerre ouverte est impossible. Si une telle escalade devait se produire, la responsabilité ne serait pas à chercher du côté de qui aurait « commencé » : la situation a été rendue si inflammable par la logique de la concurrence capitaliste qu’une nouvelle provocation russe ou européenne peut la faire basculer. L’opposition à « notre propre impérialisme », pour reprendre les mots de Karl Liebknecht, « en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes » est, à l’opposé du « campisme », une prolongation de la lutte de classes, y compris sur le terrain de la guerre.

Pour l’heure, Macron ici, comme Merz en Allemagne, sont avant tout en guerre contre leur propre classe ouvrière. Il s’agit de rendre coups pour coups, jusqu’à reprendre l’offensive sur le seul terrain qui vaille, celui de la lutte de classe. Pour bloquer le prix de l’essence, pour nos salaires en général, pour ne pas subir une nouvelle vague de licenciements, pour ne pas se faire embarquer dans une nouvelle guerre, il faudra un « mouvement social généralisé » qui devra consciemment s’en prendre aux trois piliers du système : la guerre, les banques et les profits. Non pas en cherchant à « trouver une solution » mais en les affrontant jusqu’au bout avec un programme de luttes pour renverser le capitalisme.

Raphaël Preston

samedi 26 septembre 2026

edito

 

Un projet de budget pour nous serrer la ceinture ­— Tous ensemble préparons la riposte !

Photothèque Rouge / Copyright : Martin Noda / Hans Lucas.

 

 

Lecornu veut économiser 54 milliards d’euros sur le prochain budget. Mais pas en puisant dans les bénéfices des entreprises, alors que la France est le deuxième pays du monde en dividendes versés aux actionnaires – 61 milliards d’euros ! Pas en supprimant l’infinité d’exonérations et subventions dont bénéficient les patrons : 211 milliards par an !

Guerre aux plus fragiles

Non, Lecornu va chercher ses milliards dans la poche des retraités en gelant les pensions et en les désindexant par rapport à l’inflation. Alors que les prix flambent ! L’indice des fonctionnaires serait gelé – pour la quatrième année consécutive. Pareil pour les aides au logement. Le gouvernement compte aussi faire la chasse aux arrêts maladie : ce n’est pas aux patrons – responsables de la dégradation des conditions de travail qui en est la cause – que Lecornu s’en prend, mais à leurs victimes ! Et, pour faire un clin d’œil à Marine Le Pen et sa préférence nationale, les travailleurs étrangers subiraient un délai de carence pour l’ouverture de droits, et cotiseraient donc un temps sans avoir droit aux indemnités correspondantes.

Les hôpitaux sont dans un état lamentable ? Pareil pour les écoles ? Ils devront aussi se serrer la ceinture, comme tous les services publics, car leurs budgets seront revus à la baisse… Des exceptions ? Évidemment : le ministère des Armées, largement augmenté : sinon, comment pourrait-il arroser les Dassault et autres Thalès en leur achetant leurs engins de mort ? Bien entendu, ceux de l’Intérieur ou la Justice augmenteront aussi pour pouvoir s’en prendre à ces pauvres qu’il veut ponctionner davantage et qui pourraient se révolter.

Nos armes : les grèves et les manifestations

Il paraît que Marine Le Pen n’est pas d’accord avec Lecornu. Aurait-elle découvert qu’on pouvait faire payer les patrons en augmentant les salaires ? Au contraire, elle propose de réduire leurs cotisations sociales et d’en redistribuer une toute petite partie sur le salaire net… Mais sa proposition revient à réduire ce que payent les patrons à la Sécu – qui serait obligée de réduire ses prestations. Les solutions de Le Pen ne s’en prennent jamais au patronat : alors que les prix à la pompe atteignent des sommets, pas question pour elle de s’en prendre aux bénéfices historiques de Total, et elle ne propose que de réduire les taxes.

À gauche, les candidats à la gestion des institutions nous disent que tout ira mieux une fois que nous aurons « bien voté » en 2027. Dans huit mois ? En attendant, on fait comment ? Et quel changement pourrait-il y avoir dans huit mois si aucun ne propose de s’en prendre aux patrons et à leurs actionnaires qui ont le pouvoir de décider des prix et des salaires, quel que soit le gouvernement !

Toutes ces solutions sont bidons. Nous devons défendre nous-mêmes nos intérêts et imposer nos revendications. Le seul moyen, ce sera en bloquant l’économie, et donc les profits, en nous mettant en grève et en manifestant jusqu’à ce qu’ils cèdent. Nous n’avons pas de temps à perdre !

Tous et toutes ensemble contre le gouvernement et le patronat

Les pompiers se mobilisent du 26 au 29 septembre, avec occupation d’une place dans Paris, puis rejoignent la manifestation du 29 septembre, journée de grève de la fonction publique, déjà rejointe par d’autres professions, comme les cheminots. D’autres journées de mobilisation sont prévues dans différents secteurs. Le gouvernement peut aussi craindre le « retour des Gilets jaunes », avec les manifestations prévues samedi 17 octobre contre les prix des carburants.

Il faut des mobilisations qui convergent en une lutte de tous les travailleurs, vers une grève générale, pas des luttes émiettées. Mais ces premières échéances seront l’occasion de faire grandir le mouvement et préparer cette lutte d’ensemble pour l’augmentation générale des salaires et pensions en prenant sur les profits des patrons.

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 21 septembre 2026

 

rso

 


mercredi 23 septembre 2026

pape

 

Paris : quand la charité papale se fout de l’hôpital public

L’île de la Cité, où se trouve la cathédrale Notre-Dame-de-Paris mais aussi l’Hôtel-Dieu (qui, contrairement à son nom, est un hôpital public) sera bouclée et sous haute surveillance durant la visite papale prévue le 25 septembre. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a donc décidé de fermer partiellement l’établissement en ne maintenant ouvert que certains services comme les urgences, la structure mobile d’urgence et de réanimation (Smur) ou le service d’hospitalisation de psychiatrie. Toutes les autres activités programmées seront annulées et reportées. Reports qui font grincer des dents à la CGT qui, le 10 septembre dernier, avait directement adressé une lettre à Léon XIV dans laquelle on pouvait lire : « Nous mesurons les exigences liées à l’organisation et à la sécurité de votre visite, cependant, celles-ci ne sauraient justifier que des malades en subissent les conséquences, particulièrement les plus fragiles, pour lesquels l’hôpital public constitue parfois le seul recours. » Le texte poursuivait en lui demandant de : « bien vouloir intervenir auprès des organisateurs de (sa) visite pour que des dispositions soient prises afin de préserver les consultations et la continuité de l’accueil des patients. » Mais il n’y a pas eu de miracle et le pontife en chef n’a pas répondu. Ce qui montre les limites de sa charité chrétienne.

vendredi 18 septembre 2026

 

                LANNION LE 22 SEPTEMBRE 18H00


                        POUR EN SAVOIR PLUS  ECRIRE A                                                         npabear@gmail.com

jeudi 17 septembre 2026

KEOLIS

 

Metz (Moselle). 

Un vent de lutte à Keolis : une direction à l’offensive

Alors qu’une grève a explosé en région parisienne suite au transfert de nombreux salariés de la RATP à Keolis avec l’ouverture à la concurrence, la CGT de l’entreprise de transport touristique en autocars Keolis 3 Frontières, appelle elle aussi à un rassemblement le 22 septembre. En cause : une chasse aux sorcières qui vise à écarter les élus CGT du CSE, qui étaient à l’origine de grèves en 2025, avec en dernière date la révocation de Cherif Brahmi de son mandat de secrétaire du CSE. En plus de ça, les chauffeurs sont régulièrement intimidés et menacés d’être convoqués lorsqu’ils font remonter des problèmes ! Cette stratégie est claire et bien connue, les patrons n’aiment pas que leur pouvoir soit remis en question et cherchent à se débarrasser de toutes les voix contestataires ! Sans doute espèrent-ils faire des exemples pour leurs collègues.

Des conditions de travail qui se dégradent

Mais ce n’est pas tout, depuis plusieurs années les conducteurs observent une absence complète de préparations aux températures saisonnières : qu’ils soient non climatisés l’été, ou non chauffés l’hiver, la direction de Keolis envoie des bus inadaptés sur les routes, laissant conducteurs et usagers trinquer.

Les conducteurs estiment, et cherchent à faire valoir, qu’aucun bus ne devrait sortir s’il n’est pas équipé correctement, et ils ont bien raison ! Ce n’est pas la direction qui subit la chaleur suffocante ou le froid glacial, auquel cas ils seraient peut-être plus motivés à passer la seconde pour rénover la flotte vieillissante !

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

Les salariés de Keolis l’ont bien compris, le problème c’est que les décisionnaires ne sont pas ceux qui auront à subir les conséquences de leurs politiques, alors rien, de mieux que la grève pour nous rappeler que sans nous, rien ne tourne (ni ne roule) !

Plus que jamais, il est urgent que les travailleurs se soutiennent et s’organisent ensemble pour pouvoir faire face aux attaques patronales et à leur incompétence dans l’organisation du travail !

Rassemblement devant Keolis 3 Frontières
Mardi 22 septembre à partir de 9 heures
5, rue de l’Abbé-Grégoire, 57000 Metz

mercredi 16 septembre 2026

                 SELMA NOTRE CANDIDATE LORS DE SA PRISE 

            DE PAROLE A LA FETE DE L'HUMA 2026.



mercredi 9 septembre 2026

rentrée

 

                            Leur rentrée et la nôtre


Paris, 1er mai 2025. Photographie de Martin Noda / Hans Lucas / Photothèque rouge

Philippe, Lecornu, Attal : cet été, ces prétendants à l’Élysée y sont allés de leur démagogie anti-immigrés. À l’unisson raciste avec Marine Le Pen qui propose un référendum sur l’interdiction du voile dans les espaces publics. Français-immigrés, nous sommes tous des travailleurs, les seuls qui nous sont étrangers sont les milliardaires et les patrons. Gare à leurs manœuvres de division et diversions. Alors que la n-ième vague caniculaire traverse le pays, mettons nos intérêts de travailleurs et de travailleuses au cœur de cette rentrée !

Des plans d’urgence qui s’évaporent

Fin juin, le gouvernement annonçait un plan d’urgence de 60 millions d’euros pour la rénovation thermique des écoles. Un mois plus tard, il a annulé le plus gros et il n’en restait plus que 16 ! À peine de quoi payer les diagnostics énergétiques de 2 500 écoles ! Même pour que les enseignants et les enfants ne cuisent pas dans leurs classes l’été prochain, ils sont incapables de respecter leurs engagements.

Vendredi, la ministre de l’Agriculture annonçait le déblocage d’un milliard d’euros pour soutenir les agriculteurs très durement touchés par la sécheresse. Qu’en restera-t-il dans quelques semaines, alors que la somme paraît déjà bien faible pour aider les dizaines de milliers d’agriculteurs qui risquent de mettre la clé sous la porte ? Le gouvernement prépare un budget de combat contre tous les travailleurs, envisageant de nouvelles coupes sur les dépenses sociales, les pensions de retraite, les services publics.

Notre plan d’urgence

Cet été il a fallu continuer à travailler, quitte à mettre notre santé en péril. Les méga-feux ont montré que nos dirigeants sont incapables de prévenir ni de guérir quoi que ce soit. Alors, face au désastre climatique et à l’urgence sociale pour tous les travailleurs des campagnes et des villes, il va falloir qu’on prenne nos affaires en main.

Il y a urgence à augmenter les salaires de 400 euros pour tous et toutes, pour faire face au coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. Il faut contrôler les marges de Total, Carrefour, Leclerc et des autres entreprises de la grande distribution qui profitent de la crise agricole et des tensions internationales pour augmenter leurs profits. Alors que les plans de licenciements se multiplient, il faut interdire les licenciements. De l’argent, il y en a, à commencer par celui qui coule à flots pour le patronat, qui se gave de plus de 200 milliards de subventions et d’allègements de cotisations sociales et impôts chaque année.

Nous produisons tout, à nous de décider de tout

Pour imposer ces mesures, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes. C’est le message que porteront notre candidate Selma Labib et notre porte-parole Gaël Quirante dans l’élection présidentielle. Aucune raison d’attendre avril 2027 pour laisser éclater notre colère, seule à même de faire ravaler son arrogance au patronat qui mène la société de crises en guerres, de catastrophes climatiques en catastrophes sanitaires.

Tous ensemble le 29 septembre

Dès la rentrée, des grèves ont éclaté dans des établissements scolaires, contre des fermetures de classes ou des postes vacants. La colère ne manque pas dans bien des secteurs. Les pompiers, qui ont combattu les feux malgré les coupes dans leurs moyens et leurs effectifs, ont fixé un rendez-vous pour l’heure des comptes : ils se rassembleront à Paris du 26 au 28 septembre et entreront en grève aux côtés des agents publics le 29 septembre. Comme eux, de nombreux travailleurs, du public comme du privé, sont envoyés en première ligne sans moyens et sans même un salaire décent.

C’est bien une riposte d’ensemble qu’il faudra construire pour reprendre tout ce qui nous a été volé. En cette rentrée, des salariés des transports, du social ou de l’éducation ont déjà prévu des journées de grève. Saisissons-nous de toute opportunité pour nous organiser sur nos lieux de travail et discutons de rejoindre la grève du 29 pour frapper tous ensemble au même moment.

Editorial du NPA-Révolutionnaires du 7 septembre 2026

lundi 7 septembre 2026

RER

 

[DOSSIER] Meeting des RER : tous et toutes en campagne… et dans les luttes, sans attendre 2027 ! — paru dans Révolutionnaires n° 62

Meeting du NPA-Révolutionnaires du 23 août 2026 à nos rencontres d’été révolutionnaires (RER)

Ces rencontres d’été révolutionnaires en étaient à leur quatrième année, cette fois dans le Vaucluse, et ont réuni sur trois jours et demi autour de 600 personnes (dont la moitié de moins de 29 ans). Autant dire que l’ambiance fut plus que chaude et enthousiaste au meeting du soir. Successivement à la tribune, les récits très concrets des mobilisations et grèves en cours au Samu social de Paris, à Airbus, puis sur les grèves importantes de différents secteurs en Espagne, par Elena, Guillaume et Ruben, captèrent l’attention. Rika a fait le point sur la situation sociale et politique en Allemagne. La verve d’Hortense, du secteur jeune, a réglé son compte au greenwhashing des politiciens. Et pour finir, pas besoin d’épiloguer, notre tandem Gaël et Selma ont emporté l’enthousiasme avec le lancement de notre campagne communiste révolutionnaire de la présidentielle 2027… Des vidéos circulent sur tout le meeting, mais en attendant, lisez déjà ici les très courts extraits de ces différentes interventions.

 

vendredi 4 septembre 2026

rso

         LES COMMUNISTES REVOLUTIONNAIRES EN                                                 CAMPAGNE A BERLIN.


poste

 

La révocation du secrétaire de la CGT Poste-Télécom 66 doit donner le signal d’une lutte d’ensemble contre la répression

Cela fait des années que La Poste n’y va pas avec le dos de la cuillère en matière de répression. Elle vient néanmoins de passer un nouveau cap cet été avec la révocation d’Alexandre Pignon. Alexandre est à la fois secrétaire de la CGT FAPT des Pyrénées-Orientales, syndicat majoritaire aux dernières élections professionnelles, et secrétaire du CSE de la région Occitanie du secteur de la distribution à La Poste, un établissement de 10 000 personnes. Il fait partie d’une équipe militante intersyndicale CGT-CNT-SUD qui, pendant le mouvement des retraites en 2023, a aidé à organiser des assemblées générales massives de grévistes et des blocages de centres postaux qui ont constitué des points de ralliement de la lutte y compris en dehors de La Poste. Un comité de soutien aux postières et postiers du 66 est toujours actif, autour de militantes et de militants qui ont l’habitude d’intervenir activement dans les services postaux.

La Poste s’attaque donc à la figure de proue d’un secteur du mouvement syndical qui est à la fois combatif et majoritairement soutenu dans les travées des bureaux de Poste. La révocation d’Alexandre pour des motifs liés à son activité syndicale constitue une attaque frontale contre les intérêts de toutes les postières et de tous les postiers : La Poste veut faire passer le message que personne n’est à l’abri, que dès que qui que ce soit mettra en cause son autorité, elles ou il risquera d’être licencié.

Si pour l’instant, la réaction des directions syndicales à La Poste est très timide, il existe un point d’appui militant pour contester cette offensive répressive : à la suite de la réussite de la manifestation du 20 juin contre toutes les formes de répression, organisée sous le mot d’ordre « Ils ne nous empêcheront pas de lutter », une réunion unitaire se tiendra le 16 septembre prochain et discutera de l’objectif de regrouper les luttes contre la répression à La Poste et plus largement.

Correspondant

jeudi 3 septembre 2026

huma

 


agro

 

Exploitation des ouvriers agricoles : un pas de plus est franchi

Par décret du 25 août 2026 signé des ministres de la Ville et du logement et de l’Action et des comptes publics, les employeurs agricoles peuvent désormais loger les ouvriers agricoles, essentiellement des travailleurs issus de l’immigration, sous des tentes. Pour l’instant le décret ne couvre que quelques départements.

Cet hébergement ne serait possible que s’ils sont recrutés pour moins d’un mois, mais on se demande qui va procéder à des contrôles ? Les employeurs devront tenir compte des « aléas climatiques et des risques professionnels ». Nous pouvons nous en remettre à la FNSEA pour tenir compte de ces aléas ! Chacun et chacune remarquera au passage que la mixité sous ces hébergements de fortune n’est pas un véritable sujet, pas plus que les sanitaires, ni la restauration.

Pour avoir découvert il y a quelques années les conditions d’hébergement d’ouvrières et d’ouvriers agricoles originaires de Roumanie, plumeurs du coco paimpolais, accompagnés parfois d’enfants, le pire est à craindre. Sous un barnum de jardin avec des matelas à même le sol, dans la plus totale promiscuité et la plus grande misère.

Le maire de La Roche-Derrien avait dénoncé publiquement les conditions indignes réservées à ces travailleurs et travailleuses. Mais combien d’autres auront ce courage en pleine zone de production agricole ?

selma