mercredi 11 mars 2026

poste

 

La Poste Paris 15e arrondissement : une réorganisation qui ne passe pas

Les facteurs et factrices de Paris 15 sont en grève depuis lundi 9 mars contre une réorganisation qui supprime un nombre important de tournées et prévoit la mise en place de tournées provisoires, dites « renforts », qui ont vocation à disparaître rapidement. Une cinquantaine d’agents « perdraient » leur tournée et les précaires seraient licenciés. Soutenus par les syndicats CGT, FO et SUD, les postiers du 15e arrondissement ont déclenché la grève au moment de l’arrivée des plis électoraux des municipales, afin d’augmenter le rapport de force. Pour les facteurs, le traitement et la distribution des plis électoraux est une charge de travail particulièrement pénible, qu’ils doivent effectuer en plus de leur tournée habituelle et dans des délais très serrés. Depuis plusieurs années, La Poste a décidé de ne plus compenser ce travail supplémentaire, malgré une dotation de l’État de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Sur Paris 15, le message des grévistes est clair : si la direction ne répond pas aux revendications des grévistes et n’annule pas le projet de réorganisation, les plis électoraux ne seront pas distribués.

Ailleurs sur le territoire, d’autres bureaux de poste se sont mis en grève pour exiger la compensation des plis électoraux ou lutter pour des revendications locales liées au sous-effectif et aux réorganisations : à Nantes, Rennes, Trélazé ou encore Marseille. Les grévistes ont raison ! Et si toutes ces grèves se coordonnaient pour frapper ensemble et plus fort ? Cela serait un encouragement pour que d’autres bureaux rejoignent la mobilisation !

Correspondant

mines

 

Il y a 120 ans, la catastrophe de Courrières tuait plus d’un millier de mineurs

 

 

Ils n’en sont pas à leur coup d’essai. Il y a vingt ans et dix ans déjà, les Red Tigers, un groupe de supporters du club de football RC Lens avaient honoré les victimes de la catastrophe de Courrières survenue le 10 mars 1906. Dimanche dernier, ils ont déployé un tifo (animation dans les tribunes d’un stade) géant en hommage aux « sacrifiés du bassin minier ». Une manière d’entretenir la mémoire ouvrière de la région.

Un traumatisme durable…

Si la catastrophe de Courrières fait parler d’elle longtemps après la mort de tous ses protagonistes, c’est d’abord parce qu’elle reste aujourd’hui encore la plus grande catastrophe industrielle en France. Par la suite, d’autres catastrophes minières ont périodiquement réactivé le souvenir de Courrières en même temps qu’elles endeuillaient les corons, ces villages bâtis par les compagnies à proximité des puits. Mais aucune n’a eu l’ampleur de celle du 10 mars 1906.

Au moins 1 099 mineurs – « au moins », car des mineurs précaires et à demi clandestins s’ajoutaient au nombre des réguliers dûment recensés par la compagnie – sont morts dans un double accident : d’abord un « coup de poussier »1, c’est-à-dire l’explosion et l’embrasement des particules de charbon en suspension dans les galeries de mine insuffisamment ventilées, ensuite l’incendie et parfois l’effondrement des galeries. Si Courrières a fait autant de victimes, c’est que pas moins de 110 kilomètres de galerie ont été ravagés en quelques minutes. Ce sont les mineurs d’une vaste région autour de Lens qui sont morts déchiquetés, brûlés, asphyxiés, enterrés vivants. Plus de 20 % d’entre eux n’avaient pas 18 ans.

… dû à la rapacité patronale…

Jamais un coup de poussier n’aurait dû pouvoir se propager sur une distance pareille. C’est la maximisation du profit qui avait amené la Compagnie des mines de Courrières, propriétaire des puits de mine, à les connecter pour faciliter l’évacuation des eaux de ruissellement en la gérant à une plus grande échelle.

La catastrophe avait été précédée d’un premier accident, un incendie déclaré dans une galerie nommée la veine Cécile. En dépit des demandes du délégué mineur Pierre Simon, dit « Ricq », d’interruption du travail jusqu’à extinction de l’incendie, la compagnie avait décidé de poursuivre l’extraction du charbon.

Trois jours après la catastrophe, les ingénieurs décrètent qu’il n’est plus possible de retrouver de survivants. Ils font murer les galeries pour éteindre les incendies qui se poursuivent au fond en les coupant de leur alimentation en oxygène. Ce faisant, ils cherchent à éviter que le gisement de charbon soit consumé. Venus à leur propre initiative prêter main forte aux secours, des mineurs allemands ont à peine le temps de déployer leur matériel comportant des masques à oxygène qui leur permettent d’investiguer les galeries polluées par les gaz asphyxiants. Dans le climat nationaliste de marche à la guerre avec l’Allemagne, leur offre de service est rapidement repoussée. Or, le 30 mars 1906, vingt jours après la catastrophe, treize rescapés réussissent à entrer en contact avec des sauveteurs. Ils ont erré dans le noir total, buvant l’eau de ruissellement et mangeant la chair crue d’un cheval de trait qu’ils ont abattu à l’aide d’un pic. Les opérations de sauvetage, critiquées par Jaurès à l’Assemblée, deviennent un scandale national.

… et à l’origine d’une grève importante

Les mineurs n’ont pas attendu pour déclencher une grève massive. Des dizaines de milliers d’entre eux cessent le travail à travers tout le bassin minier. La grève s’étend jusqu’en Belgique. Elle dure plus de six semaines. Les grévistes font face à 20 000 militaires déployés par le gouvernement du « Bloc des gauches » (qui n’inclut alors pas le Parti socialiste, opposé à la participation ministérielle) en dépit du climat de sympathie qui entoure les mineurs. Ces derniers imposent aux patrons des augmentations de salaire. Deux mois après la reprise du travail, l’Assemblée vote l’instauration du repos hebdomadaire obligatoire.

Mathieu Parant

 

Pour en savoir plus sur la catastrophe de Courrières, on peut lire la bande dessinée parue en 2013, Sang noir. 1906, la catastrophe de Courrières, de Jean-Luc Loyer, éditions Futuropolis, 116 pages.

 

korrigans

 


allemagne

 

Allemagne : nouvelle grève lycéenne contre le retour du service militaire



Jeudi 5 mars, des dizaines de milliers de lycéennes et de lycéens en Allemagne ont à nouveau fait grève contre la réintroduction du service militaire – une réussite après la première journée de grève en décembre, pour laquelle environ 55 000 jeunes étaient descendus dans la rue dans une centaine de villes du pays.

La première date de grève avait eu lieu le jour du vote de la loi qui réintroduit une forme de service militaire après sa suspension en 2011. Volontaire, en un premier temps, mais en incluant la possibilité d’un passage à un service obligatoire. L’objectif est d’augmenter les effectifs de la Bundeswehr de 80 000 soldats dans les prochaines années, avec comme appât un salaire brut de 2700 euros, des aides pour le permis, ainsi que les avantages déjà existants pour les soldats, pour l’accès aux études ou la gratuité des transports.

Et, dès le 1er janvier 2026, des formulaires de recensement pour la génération 2008, obligatoires eux. Sur les réseaux, malgré les menaces en cas de non-réponse, des jeunes ont déjà appelé à une sorte de mini-boycott : refuser de remplir le premier formulaire, et a minima forcer l’État à renvoyer un recommandé.

Et comme le gouvernement a le sens du timing, le « chargé de la défense militaire » du gouvernement, le chrétien-démocrate Otte, rendait son rapport devant le Bundestag un jour avant la grève et confirmait bien les craintes des jeunes : malgré un record de recrues en 2025 – 25 000 nouveaux soldats – il s’est plaint d’une croissance trop lente pour atteindre 260 000 soldats de plus d’ici 2030, insistant lourdement sur le fait que si les carottes ne marchent pas, ce sera le fouet du service obligatoire.

« Les riches veulent la guerre, les jeunes un avenir ! »

Depuis le 5 décembre, les lycéennes et lycéens ont continué à s’organiser. Parfois de manière informelle, par les réseaux, parfois en « comité de grève » par lycées. Le 14 février, un « comité central de grève lycéenne » réunissait plus de 250 délégués lycéennes et lycéens ainsi que certains militants ou jeunes enseignants, à Gelsenkirchen (dans la Ruhr). Dans de nombreuses grandes villes, des « comités régionaux » ont embrayé, et des diffusions de tracts, collages, et autres se sont multipliés. Une campagne dynamique pour préparer la grève, à laquelle nos camarades du RSO (Organisation socialiste révolutionnaire), ont participé activement.

Le 5 mars même, les chiffres montrent une réussite au moins aussi importante que le 5 décembre : des grèves et manifestations dans plus de 140 villes du pays avec plus de 50 000 lycéennes et lycéens en manifestation. À Berlin, les organisateurs annoncent 10 000 manifestants, à Hambourg plusieurs centaines se sont retrouvés en pleines vacances, après une première manifestation « anticipée » de 3000 personnes le 20 février. Dans de nombreuses villes moins grandes, comme Lübeck et Mannheim, plusieurs centaines de lycéennes et lycéens ont défilé.

Les slogans principaux étaient explicitement politiques : « Les riches veulent la guerre, la jeunesse un avenir ! », « Pas un homme, pas un centime, pour la Bundeswehr ! », ou encore, avec plus d’humour, « J’ai des compétences, j’ai un caractère, j’ai pas besoin d’un uniforme ». Humour dont la police berlinoise n’a pas saisi les finesses, puisqu’elle a arrêté un adolescent avec une pancarte – moins politique certes – « Merz, suce des couilles ! », avant de devoir interdire ce même slogan repris par des centaines de jeunes.

Et maintenant ?

Un prochain « comité central de grève » est prévu le 18 avril, à Essen, et une nouvelle date de grève est appelée pour le 8 mai. Une date lourde de sens, mais qui reste dans une perspective de « saute-mouton », même si elle est moins lointaine qu’après la première grève. Avant le 5 mars, le discours d’une partie des principaux organisateurs se montrait pessimiste, sur les perspectives – la loi étant déjà votée – et le probable succès d’une nouvelle grève. L’enthousiasme et la combativité de la jeunesse scolarisée les a détrompés. À elle maintenant, par les « comités lycéens » et autres réseaux, d’aller au-delà de la préparation d’une nouvelle date lointaine, et de décider dès maintenant des suites de la mobilisation en s’organisant par la base !

Dima Rüger, 6 mars 2026

mercredi 4 mars 2026

bombe

 

LES HABITANTES ET HABITANTS  DE LA BRETAGNE AUX AVANTS POSTES DE LA MORT NUCLEAIRE.

LA GRANDE PARTIE DES OGIVES EST STOCQUEE A L'ILE LONGUE.

NOUS SERONS LARGEMENT SERVIE QUAND CA VA COMMENCER A CANARDER.

A BAS L'ARMEE. 

DESARMEMENT ET DEMANTELLEMENT  DE LA DISSUASION NUCLEAIRE.

DES MOUTONS A L'ILE LONGUE, PAS DES SOUS MARINS ET DES BOMBES ATOMIQUES


Union sacrée autour de Macron et de la dissuasion nucléaire

Le discours de Macron prononcé à la base navale de l’Île Longue, en Bretagne, sur le renforcement de l’arsenal nucléaire a été bien accueilli par l’ensemble des partis parlementaires, à droite et à l’extrême droite bien sûr, mais aussi à gauche. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Bruno Retailleau, de nombreux responsables politiques ont accordé des bons points au chef de l’État. Le Rassemblement national et les Républicains se sont réjouis que le décision finale d’utiliser l’arme nucléaire ne sera pas partagée avec les autres pays européens. De son côté, le leader de la France insoumise a salué de « bonnes décisions » se contentant de demander « une analyse minutieuse sur tous les plans » de la « dissuasion avancée » alors que le Parti socialiste souhaite que le Parlement puisse débattre de la question. Aussi bien la droite que la gauche donnent quitus au chef de l’État pour poursuivre à tout-va sa politique de réarmement. Ils s’alignent derrière le locataire de l’Élysée dans une union sacrée dont les classes laborieuses seront, encore une fois, les grandes perdantes.

LYON



VOTEZ POUR DES REVOLUTIONNAIRES PAS DES PUBLICITAIRES

 

COMMUNES

 

Communiqué — La présence du NPA-Révolutionnaires dans les élections municipales

Le NPA-Révolutionnaires a déposé des listes de candidates et candidats, au nombre total de mille trois cents, dans vingt-neuf villes et arrondissements de grandes villes. Nous appelons à voter pour ces listes intitulées dans la très grande majorité « Ville ouvrière et révolutionnaire ».

La liste complète de nos candidatures et de celles et ceux qui sont à leur tête est à retrouver sur les pages suivantes et sur notre site.

Nos listes sont composées d’ouvriers, employés, soignants, cheminots, enseignants, étudiants, en activité, en retraite ou au chômage, à l’image des millions qui produisent toutes les richesses, face à un patronat capitaliste irresponsable vis-à-vis de l’avenir de l’humanité et de la planète, coupable d’appauvrir les classes populaires, de licencier en masse et responsable de morts au travail et de guerres.

Nous voulons, dans ces élections, faire entendre la voix des travailleurs et des travailleuses qui relèvent la tête, luttent et résistent contre cette barbarie impérialiste de plus en plus menaçante, où les budgets sociaux sont rongés tandis que les budgets militaires engraissent.

Nous combattons l’offensive raciste et réactionnaire qui est menée contre les immigrés, orchestrée par Macron et ses ministres, relayée par les surenchères de la droite et de l’extrême droite. C’est une offensive contre tous les travailleurs pour les diviser et mieux les attaquer dans l’intérêt du patronat. La riposte de la population de Minneapolis aux États-Unis, en défense des immigrés, montre que les classes populaires peuvent s’organiser : accueil et protection des sans-papiers, barrages contre les flics, mouvements de grèves massives.

Nous combattons aussi les perspectives mensongères ou illusoires offertes par les partis de la gauche institutionnelle : celles du Parti socialiste, du Parti communiste ou des Écologistes, qui prétendent offrir aux classes populaires un sort meilleur alors qu’ils ont déjà gouverné contre elles, les ont déçues, voire désespérées au point de les pousser vers l’extrême droite ; ou celles de la France insoumise qui tente de faire croire qu’il existerait un capitalisme à visage humain.

Nous nous présentons à ces élections sans laisser croire qu’un bulletin de vote pourrait changer le sort des classes populaires. Le jeu est truqué. Les milliardaires et exploiteurs du monde ne sont pas élus, ils imposent leur loi du plus fort à l’image de leur modèle, Trump. C’est la dictature du capital. Aux travailleurs et travailleuses de lui opposer leur force, celle que donnent les luttes, les grèves et l’organisation politique, épaulés dans leurs mobilisations par une jeunesse qui, dans bien des pays du monde, se révolte contre une société malade du système d’exploitation capitaliste et des oppressions qu’il charrie.

Nous voulons convaincre des millions d’électeurs et électrices que le vote ouvrier et révolutionnaire pour nos listes, là où elles se présentent, est celui de la révolte et de l’espoir.

 

 

Dans les villes où le NPA-Révolutionnaires ne présente pas de candidatures, il appelle à voter et faire voter pour les listes présentées par Lutte ouvrière.

film

 


mardi 24 février 2026

ISRAEL

 

« Grand Israël » : l’expansionnisme sans limite de l’ambassadeur des États-Unis

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabe, pasteur protestant de son état, a affirmé sur un plateau de télévision que l’État sioniste avait un « droit biblique de prendre le contrôle de tout le Moyen-Orient »… et même au-delà. En effet, selon lui, ce droit s’étend à tous les territoires situés « entre le Nil et l’Euphrate ». C’est le projet dit du « Grand israël » défendu par l’extrême droite depuis des décennies. Et lorsque le commentateur lui a demandé préciser les frontières exactes dont il parlait, il a répondu : « Ce serait parfait s’ils prenaient tout. » Pour ceux qui rêvaient de voir Trump « modérer » Netanyahou, ce n’est pas gagné.