samedi 25 juillet 2026

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Loi d’urgence agricole : l’agriculture capitaliste nous emmène droit dans le mur, le gouvernement accélère !

Un « pestibar » mis en place par les opposants pour dénoncer les atteintes à l’eau potable permises par la loi d’urgence agricole. Photo PatrickGL

Dans la nuit du 20 au 21 juillet, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi d’urgence agricole porté par le gouvernement, la droite et l’extrême droite, tous aux ordres de la FNSEA, principal syndicat agricole et défenseur des intérêts de l’agro-business. Celle-ci avait profité de l’explosion de colère des éleveurs, lors de la crise de la dermatose nodulaire bovine de l’hiver dernier, pour imposer l’inscription à l’agenda législatif de nouveaux assouplissements à la protection de l’environnement. Pourtant, bien loin d’assurer de meilleurs revenus aux nombreux agriculteurs qui ne parviennent plus à vivre de leur travail, la nouvelle loi ne fait que préparer les prochaines crises agricoles.

Face à la crise de l’agriculture capitaliste : la fuite en avant !

Les députés ont notamment voté pour réautoriser l’acétamipride, un pesticide dont la toxicité est avérée pour les humains, et en premier lieu pour les agriculteurs qui l’utilisent, mais aussi pour les insectes pollinisateurs, indispensables à l’agriculture. La réintroduction de ce pesticide néonicotinoïde avait déjà été tentée par la loi Duplomb, soutenue par le gouvernement en 2025. Mais, cette mesure avait été censurée par le Conseil constitutionnel après qu’une pétition pour son retrait avait recueilli plus de 2 millions de signatures. Ainsi, les débats et oppositions à la loi d’urgence agricole se sont en grande partie cristallisés autour de l’article autorisant de nouveau l’utilisation de ce pesticide. Pourtant, certaines dispositions du texte sont tout aussi inquiétantes !

Certaines d’entre elles prétendent notamment favoriser l’accès à l’eau pour les agriculteurs. En vérité, elles ne peuvent qu’aggraver la crise qui touche déjà cette ressource. À tel point que même le Medef s’est alarmé « d’un accaparement sans contrepartie, sans contrainte et sans limite des ressources en eau par un acteur, au détriment des autres ». Le syndicat patronal s’inquiète notamment du fait que les commissions locales de l’eau, chargées de gérer la ressource, soient désormais dominées par les intérêts des agriculteurs, ou du moins de certains d’entre eux. La loi augmente en effet le nombre sièges attribués aux représentants du monde agricole dans ces instances, dans les faits souvent des représentants de la FNSEA et des grandes exploitations consommatrices d’eau. Dans la même optique, les agences de l’eau auparavant sous la seule tutelle du ministère de l’environnement passent aussi sous celle du ministère de l’agriculture et de l’économie.

Ces mesures s’inscrivent dans l’objectif de multiplier par deux les capacités de stockage d’eau pour l’irrigation, en favorisant les projets de mégabassine comme celle de Sainte-Soline. Or, dans les Deux-Sèvres, où ces aménagements ont vu le jour, ils ne profitent qu’à 7 % des agriculteurs, les plus grands exploitants qui ont les moyens de les financer et qui ont des cultures très gourmandes en eau : céréales et maïs en particulier. Ces derniers vantent l’aspect écologique de ces retenues, arguant que l’eau stockée est pompée en hiver lorsqu’elle est en surplus dans les nappes phréatiques. En réalité, ce pompage hivernal empêche la diffusion de ce surplus dans les roches calcaires poreuses qui contribuent au stockage de l’eau. Sans compter qu’avec le dérèglement du climat, les hivers secs se multiplient. Les mégabassines que les députés veulent multiplier favorisent donc les cultures les plus consommatrices d’eau, en contradiction totale avec les nécessités imposées par le changement climatique1.

Poursuivant cette logique, la loi d’urgence agricole prévoit de réduire la protection des zones humides. Celles-ci agissent pourtant comme des éponges en absorbant les précipitations, permettant ainsi de lutter contre les sécheresses et les inondations comme celles qu’a connues l’Ouest de la France l’automne dernier.

Enfin, la ressource en eau est aussi menacée par les dispositions facilitant l’installation et l’agrandissement des grands élevages intensifs. Les déjections animales produites en masse par ces exploitations viennent en effet polluer les rivières et les nappes phréatiques, rendant parfois l’eau impropre à la consommation dans des régions entières2 ! Sans compter que c’est dans ce type d’élevage que la surmortalité du cheptel liée aux canicules est la plus importante. Des millions d’animaux sont ainsi morts étouffés par la chaleur lors des trois dernières canicules de 2026 !

Des solutions existent…

Pourtant, de nombreux agriculteurs et scientifiques mettent en avant des solutions qui permettraient de nous nourrir à court terme tout en préservant, à long terme, les conditions des récoltes futures : remplacer une grande partie des espaces dédiés à la monoculture par des systèmes de polycultures plus résilients face aux maladies, aux insectes ou à la sécheresse ; planter des arbres et des haies tout en reconstituant les méandres des rivières pour retrouver des terroirs-éponges capables de mieux stocker l’eau ; réduire les cultures céréalières grandes consommatrices d’eau et majoritairement destinées à nourrir le bétail ; les remplacer par des légumineuses capables de fixer l’azote dans les sols et ainsi d’entretenir leur fertilité en utilisant moins d’engrais de synthèse ; par conséquent, diminuer la production de protéines animales au profit des protéines végétales.

Mais pas dans le cadre du capitalisme !

Mais, ces solutions ne peuvent être mises en place car elles se heurtent au principe de rentabilité qui pèse sur tous les agriculteurs. Si les arbres et les haies qui parsemaient les paysages des campagnes ont été arrachés au cours des années 1950-1960, si la polyculture a cédé la place à la monoculture, c’est qu’elles limitaient, à court terme, les bénéfices liés à la mécanisation. Le fait que les lois agricoles successives favorisent le gigantisme des élevages ou des bassins de rétention d’eau destinés aux grandes cultures céréalières s’explique aussi par cette logique. À l’heure où la productivité agricole stagne, voire décroît dans les pays capitalistes avancés, l’agriculture hautement mécanisée ne peut rentabiliser ses investissements qu’en réalisant des économies d’échelle. Ainsi, chaque capitaliste agricole est poussé à étendre sa production en agrandissant son exploitation. Cette course produit nécessairement ses gagnants mais surtout ses perdants, incapables de faire face à leurs dettes ou de dégager un revenu permettant de vivre de leur travail.

L’impératif de rentabilité impose aussi aux agriculteurs des choix de cultures, non pas fondés sur une planification permettant une gestion rationnelle des sols et de l’environnement, mais sur les profits escomptés à court terme. Ainsi, la consommation de viande, suscitée à grands renforts de publicité, ouvre des débouchés pour les cultures fourragères gourmandes en eau. C’est pourquoi la FNSEA pèse de tout son poids contre toute alternative végétale aux protéines animales dans l’alimentation humaine afin de maintenir un débouché indispensable aux céréaliers.

Incapable de sortir de cette course au profit, l’agriculture capitaliste est aujourd’hui telle que Marx la décrivait il y a 150 ans : « [chacun de ses] progrès est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. (…) La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur ». Il est grand temps de renverser ce système capitaliste !

Arthur Sylvestre

 

 


 

 

1  Vincent Bretagnolle, « Les mégabassines ne résoudront pas la crise de l’eau », CNRS Le journal, 2023, https://lejournal.cnrs.fr/billets/les-megabassines-ne-resoudront-pas-la-crise-de-leau

2  Lire à ce propos notre article sur la lutte contre le projet de porcherie industrielle près du lac de Vassivière (Creuse) : https://npa-revolutionnaires.org/limousin-3-petits-cochons-ca-va-1-200-bonjour-les-degats/.

vendredi 24 juillet 2026

pontrev

 

Ehpad de Pontrieux : les personnels et l’intersyndicale CGT/FSU/Solidaires de Guingamp lanceurs d’alerte

Une histoire révélatrice des conditions de travail

En 2025 une salariée de l’Ehpad de Pontrieux (Côtes-d’Armor) est condamnée au pénal à huit mois de prison avec sursis, 2 500 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour « violence aggravée suivie d’incapacité totale de travail supérieure à huit jours » sur la directrice de l’établissement. Fin de l’histoire ? Pas sûr.

La version de la salariée est bien différente. Poussée à bout par la direction, elle aurait tenté de s’auto-mutiler. Le certificat médical du médecin présent sur place atteste en effet de scarifications sur le poignet de la soignante.

Les faits dont elle est accusée se sont produits avant une réunion d’équipe, en mars 2025. Faits qu’elle conteste. Elle a donc fait appel de la décision du tribunal.

Une justice patronale, ou le mythe de l’indépendance du système judiciaire ?

Lors du procès en première instance, seuls ont été retenus les éléments à charge. La magistrate en préambule déclarant et indiquant d’emblée que nous n’étions pas aux prud’hommes, et que l’on ne ferait pas le procès de l’Ehpad. Les témoignages décrivant un contexte de travail difficile ont été balayés d’un revers de manche, les éléments explicatifs du passage à l’acte mis au rebut dans la précipitation.

Une injustice flagrante aurait-elle été commise ?

Depuis quelques semaines, d’autres salariés témoignent des conditions de travail dégradées au sein de l’Ehpad.

Dans un texte commun, les syndicats tenus à un devoir d’alerte évoquent, comme ils l’avaient déjà fait l’année dernière en septembre, « un climat anxiogène » avec « des violences verbales, des dénigrements et pressions entraînant des démissions et une multiplication des arrêts maladie pour dépression ».

Lors d’une conférence de presse, les trois syndicats engagés auprès des salariés attendent des gages de la part de la justice et de l’autorité de tutelle, l’agglomération de Guingamp Paimpol.

Ils annoncent que « si rien ne change », ils sont en mesure de « construire un dossier en justice » pour dénoncer un harcèlement moral institutionnel. L’intersyndicale de Guingamp appelle le président de l’agglomération à « assumer ses responsabilités et protéger comme la loi l’y oblige, les salarié.es placé.es sous son autorité ».

Un travail syndical unitaire efficace mené avec les personnels concernés

Ce travail d’accompagnement des salariés en souffrance au travail dans le secteur médico-social n’est malheureusement pas un cas isolé.

Il est indispensable de construire ou de reconstruire de la solidarité collective pour contrer la mise à mal des collectifs de travail décidée par les patrons dans un contexte de contrainte budgétaire drastique.

Il faut s’organiser pour élire des représentants syndicaux combatifs et déterminés qui puissent défendre et dire leurs droits aux salarié.es et jouer le rôle de lanceur d’alerte. En clair, s’autoorganiser pour se défendre et au-delà être des travailleurs qui protègent aussi les plus démunis et fragiles, souvent nos parents ou grands-parents en maison de retraite.

Changer d’appellation en dénommant les Ehpad « Maisons France autonomie » ne coûte pas un centime : c’est de la com’ gouvernementale…

Dans une petite ville comme Pontrieux, qui se proclame petite cité de caractère pour touristes, les travailleurs et travailleuses ne doivent rien lâcher !

Correspondante

mercredi 22 juillet 2026

SELMA

 



Vous disposez d'un peu de temps et de beaucoup de sympathie pour nos idées et notre engagement politique.

Vous connaissez des maires et des élus conseillers départementaux, régionaux, sénateurs, députés.

Vous pouvez les solliciter pour parrainer la candidature de SELMA.

A cet effet nous avons produit un tract de présentation et une promesse de parrainage, vous pouvez nous la demander via notre messagerie: npabear@gmail.com


RAPPELLONS QUE LE PARRAINAGE EST UN ACTE ADMINISTRATIF DEVOLU A CERTAINS ELUS ET NE CONSTITUENT PAS UN SOUTIEN A NOTRE PARTI...      

vendredi 17 juillet 2026

nokia

Nokia Lannion : nouveau coup dur pour les salariés

Inauguration des locaux de Nokia Lannion en présence du gratin politique et économique local.

Petit rappel historique sur les promesses tenues en 2015 par un certain Macron, ministre de l’Économie de Hollande, le pourfendeur du capital… la veille des élections.

« Les engagements pris seront suivis dans le temps par une commission composée de représentants de l’État et de syndicats. Le rapprochement entre Alcatel-Lucent et Nokia prévoit des garanties de l’emploi pendant deux ans et l’embauche de 500 chercheurs pendant quatre ans, à compter du lancement de l’OPE (offre publique d’échange). »

Celui qui allait devenir président déclarait sans vergogne :

« Je ne fonctionne pas à la nostalgie. Je crois au volontarisme lucide. On peut penser qu’il vaut mieux rester Français et seul, si c’est pour finir en mauvais état et avec beaucoup de licenciements, ce n’est pas une solution. Il faut être réaliste, il y a une excellence française, il y a une reconquête. Ma préoccupation, c’est que tous les emplois soient maintenus, c’est qu’on développe l’excellence de ce groupe, qu’on conquière des parts de marché »

Depuis les plans sociaux et surtout les fameuses ruptures conventionnelles collectives (RCC) se succèdent. Les RCC ont l’immense avantage pour le patronat et le capital d’abolir la notion de licenciement économique et de placer les syndicats en position de spectateurs de la casse sociale.

Encore un nouveau plan !

Finalement l’ancien PDG d’Alcatel, Serge Tchuruk, l’avait prédit en juin 2001 : « Alcatel doit devenir une entreprise sans usines »… et sans bureaux d’études, il n’avait pas dû finir sa prophétie.

Les salariés pensaient avoir un peu de répit, car la précédente RCC (2025) s’étalait jusqu’à fin juin 2025. Il n’en est rien ! La direction de Nokia a convoqué les délégués syndicaux centraux pour leur annoncer la mise en place d’une nouvelle RCC (2026), avec à la clé la suppression de 195 postes en France dont 28 à Lannion. Les départs doivent se réaliser avant fin décembre 2026 et le site de Lannion verra son effectif se réduire sévèrement à moins de 400 salariés. Selon de délégué syndical CGT Abderrahim El Boujarfaoui, les salariés craignent la disparition pure et simple du site Nokia Lannion.

Sur les ruines de l’industrie des télécommunications, élus et patrons se gargarisent de la création de quantités de startup, souvent créées par de l’argent public ou les mannes financières des plans sociaux et des aides sans aucune contrepartie des collectivités locales. Startup fragiles qui sont régulièrement revendues à de plus gros groupes et se réorientent sans bruit vers l’industrie d’armement : Exail, Armor Arsenal, TDP, Inanox,TompAéro, M3Systems, Lumibord, Drone Act…

La course à la rentabilité du capital et la concurrence inter impérialiste ne sont pas que des concepts abstraits.


lundi 13 juillet 2026

 

Algues vertes : la pollution va continuer de plus belle

La pollution marine due aux algues vertes est causée par les nitrates produits par les déjections des animaux (surtout les porcs) élevés dans des élevages industriels. Ces algues dangereuses prolifèrent dans huit baies et treize secteurs vasiers de Bretagne couvrant plus de 2 000 hectares. Elles ont coûté la vie à trois personnes depuis 1989. En 2021, dans un premier rapport fort de 300 pages, la Cour des comptes pointait déjà l’inaction de l’État dans ce domaine. Cinq ans plus tard, elle vient de publier un second rapport tout aussi sévère que le premier. Elle constate que sur les 33 recommandations et pistes d’action qu’elle avait proposées à l’époque, seules sept ont été suivies avec plus ou moins d’effet. Le reste a été superbement ignoré. Bien mieux, l’État a encore assoupli la législation permettant l’ouverture ou l’agrandissement d’élevages industriels en accroissant d’autant la pollution et la prolifération des algues.