dimanche 14 juin 2026

DEC

 

Decathlon : à fond le Smic et à fond les profits

Avec plus de 1 000 grévistes selon la direction, et 3 000 selon la CFDT qui a recensé les débrayages partiels, les salariés de Decathlon étaient en grève partout en France samedi 6 juin, et se sont fait entendre devant de nombreux magasins, dont plusieurs ont dû fermer faute de personnel suffisant.

« Sportifs sous-payés, c’est notre métier »

En cause, l’annonce par la direction le 27 mai dernier qu’elle ne comptait pas répercuter la hausse du Smic de 2,41 % prévue au 1er juin autrement que sur les salaires concernés par le nouveau seuil légal. La nouvelle a immédiatement fait réagir l’ensemble des équipes et fait ressortir tous mécontentements accumulés. Le « package de rémunération » mis en avant par les petits chefs pour justifier des salaires au ras du minimum légal, avec des primes, variables par définition, dont les objectifs économiques sont de plus en plus difficiles à atteindre et qui mettent en concurrence les équipes. Et surtout une course à la productivité qui se traduit par une augmentation de la charge de travail en magasin : en deux ans, ce sont près de 2 000 postes qui ont disparu au gré des non remplacements.

« Actionnaires milliardaires, salariés en colère, augmentez les salaires, pas les actionnaires ! »

Dans son mail, la direction annonçait ne pas augmenter l’ensemble des salaires afin de « préserver l’équilibre économique » et « ses capacités d’investissement ». À d’autres ! Il y a deux mois, la même direction nous demandait de tous nous applaudir bien fort pour les résultats exceptionnels réalisés : 16,8 milliards de chiffre d’affaires, et surtout 910 millions de bénéfice net, en hausse de 16 %. Au sein de la galaxie de la richissime famille Mulliez (empire commercial dont le poids est estimé à 10 % du commerce en France), l’enseigne est aujourd’hui l’une des plus profitables. Au point qu’il y a un an et demi, les actionnaires de l’AFM s’étaient versé une petite rallonge d’un milliard d’euros de dividendes en extra.

« 3 % c’est pas pour m’acheter un yacht, c’est juste pour sortir la tête de l’eau »

De l’argent il y en a dans les coffres des Mulliez qui débordent, pour nous permettre de respirer un peu, alors que nos salaires de misère ne nous permettent pas de vivre correctement et sont sans cesse grignotés par l’inflation !

Après la réussite de la journée de samedi, ce sont les entrepôts, soumis aux mêmes bas salaires et à la même dégradation des conditions de travail, qui se mettront en grève.

Correspondante