vendredi 3 avril 2015

Le NPA dans les élections départementales


Seul ou dans un cadre unitaire, le NPA était présent dans 5 départements. Voici ci-dessous les compte rendus de nos correspondantEs.

Carhaix (29) : un succès et un espoir
Poursuivant la dynamique unitaire et radicale des élections municipales, nos camarades du NPA ont proposé au Front de gauche du canton une liste unitaire anticapitaliste et anti-austérité parfaitement indépendante du PS et de Christian Troadec, maire régionaliste de Carhaix où siège en tant qu’élu d’opposition le porte-parole du NPA Keiz Breizh, Matthieu Guillemot.
Le binôme titulaire était composé de Marie-Pierre, sympathisante du FDG, adjointe au maire de Berrien, et de José, maire de Motreff, apparenté NPA, tandis que le binôme suppléant réunissait Noëlle, la porte parole du FDG centre Bretagne, et Matthieu, conseiller municipal et porte-parole du NPA Kreiz Breizh.
La dynamique enclenchée lors des municipales, en lien avec les luttes de ces derniers mois, s’est poursuivie et s’est amplifiée puisque la liste « Contre le capitalisme et l’austérité, on ne lâche rien » est arrivée en 3e position, devant le PS et le FN , frôlant les 17 % des voix.
Il est à remarquer que ce score est le meilleur à la gauche du PS dans tout le Finistère, avec des pointes à 40 % des votantEs dans plusieurs petites villes du canton.
Une campagne active, collective, résolument anticapitaliste et écologiste, faite de nombreuses rencontres avec la population et de réunions publiques, dont celle à laquelle a participé Philippe Poutou avec plus de 70 personnes (cf. l’Anticapitaliste n°279).
Cette campagne et ce score ont évidemment créé une fois de plus la surprise dans la région de Carhaix, ce qui a fait dire à un journaliste de Ouest France que, de Carhaix à Huelgoat, on est passé « des montagnes noires aux montagnes rouges ». De bon augure !
Bégard (22) : une campagne dynamique
Lors de ces dernières élections départementales, le NPA présentait seul une liste sur le canton de Bégard. Une liste bouclée quelques jours avant la date limite de dépôt, après le refus de LO de s’y joindre, et alors que trois autres listes étaient déjà annoncées : une liste PS-PCF, une liste de droite et une liste FN (cf. l’Anticapitaliste n°280).
Dans ce canton historiquement ancré à gauche, nous étions les seuls à nous opposer clairement aux politiques d’austérité, qu’elles soient menées nationalement ou localement. Autour de la défense des services publics, de la nécessaire amélioration des conditions de travail et de vie ou encore de l’exigence d’une réorientation du système agricole, la campagne a connu une certaine dynamique dans un contexte morose. Point d’orgue : plus de 50 personnes, pour beaucoup militantEs syndicaux ou associatifs, sont venues échanger dans une ambiance chaleureuse avec les candidatEs et Philippe Poutou le 19 mars à Saint-Laurent (500 habitantEs).
Cela s’est exprimé dans les urnes : la liste a récolté 9,02 %, en progression par rapport à 2008 où la LCR avait fait 7,38 % sur le même canton, alors plus petit. Un point d’appui pour redéployer une activité militante, notamment sur deux fronts de lutte locaux : pour le maintien et l’amélioration de la ligne ferroviaire Paimpol-Guingamp et contre un projet minier dans le secteur.
Ombre brune au tableau, le score du FN (20,04 %), qui n’était pas présent aux cantonales précédentes, nous rappelle que la lutte contre les politiques d’austérité est indissociable de la lutte déterminée contre les idées réactionnaires qui divisent le monde du travail.
Lisieux (14) : « Lisieux en marche » à l’offensive
Le NPA Pays d’Auge a fait campagne seul pour la candidature de Sabrina Demchi et Johann Le Bellec, dans un canton composé de Lisieux et de 9 communes rurales (cf. l’Anticapitaliste n°280). Nous nous étions déjà présentés en 2011, mais le canton n’était pas le même et le nombre de candidats non plus : en 2011, 4 listes (PS, UMP, FDG, NPA) et cette fois-ci, 8 binômes (1 UMP soutenu par le département, FN, UDI/UMP local, Debout la France, PS/PRG, EÉLV, PCF, NPA). Bref, le canton du département où il y avait le plus de candidats !
Notre résultat – 1,86 % – est petit en pourcentage, mais avec l’abstention record et le vote massif pour l’UMP et le FN dans les communes rurales, nous étions en terrain difficile ! 149 électeurs nous ont fait confiance et, sur la ville de Lisieux, avec 106 voix, nous maintenons notre score de 2011.
Nous sommes satisfaits du bilan politique car nous avons porté durant cette courte campagne les couleurs d’un NPA à l’offensive, en relayant les luttes à hôpital et à La Poste où nous sommes implantés et où nous avons une intervention politique. Notre cercle de sympathisantEs dans les équipes militantes combatives augmente et nous saluons l’arrivée de nouveaux camarades dans le comité. « Le café des luttes » avec Olivier Besancenot qui a regroupé plus de 50 personnes lors d’une soirée de débat a été une des initiatives les plus réussies de notre implication militante durant cette campagne (cf. l’Anticapitaliste n°282).
Jura (39) : se confronter, faire avancer l’anticapitalisme
Une nouvelle convergence avait vu le jour fin 2014 sous l’impulsion du collectif « Jura-NDDL » réunissant des citoyens et des militants des Décroissants, EÉLV, NPA et PG, lui-même clairement à l’initiative de listes « Majorité citoyenne » dans d’autres départements. Ce qui est remarquable dans notre département, c’est que de véritables échanges ont pu se faire dans des assemblées cantonales dans lesquelles nous ont ensuite rejoint le PCF. C’est seulement après l’élaboration d’un texte commun sur des valeurs et des propositions locales que les candidats ont été choisis.
Vu le nouveau mode de scrutin, aucune des 9 listes présentées n’a pu se maintenir alors que nous avons obtenu 15,89 % des voix au premier tour... Et à l’issue du second tour, enregistrons que fort heureusement il n’y a eu aucun élu FN, sur fond de défaite grandiose et logique du PS, appelé chez nous « Nouvelle droite », avec seulement 6 élus sur 34 et l’élimination du président sortant...
Le rôle du NPA a été, à toutes les étapes, essentiel pour dénoncer la politique nationale relayée localement et a permis d’être clair sur l’indépendance totale de nos listes vis-à-vis de la majorité départementale PS, au premier comme au second tour. Il a fallu convaincre le PCF et EÉLV qui étaient les plus réticents. Les tensions internes au sein de ces partis, et du nôtre aussi d’ailleurs, seront peut-être atténuées par le bon score de nos listes mais les enjeux des régionales, voire aussi un possible remaniement ministériel, risquent bien de faire imploser cette démarche.
Le NPA 39 a la conviction que la révolution ne se fera pas dans les urnes mais le fait de se confronter aux autres sur le terrain électoral ne peut qu’aider à faire connaître et avancer notre projet anticapitaliste. Force est de constater que c’est localement possible sans perdre nos convictions révolutionnaires.
Saint-Gaultier (36) : un meilleur score qu’en 2011
Nous faisons un résultat de 2,85 %, soit 193 votes sur 7 216 exprimés (UMP 28,43 % / FN 25,17 % / PS 19,67 % / Divers droite, en réalité la Droite Forte 14,20 % / FDG-EÉLV-Citoyens 6,27 % / Communistes 3,42 %) Nous ne nous attendions pas à un miracle, car avec 7 listes proposées, il y a du choix. On peut tout de même dire que le NPA a réalisé un meilleur score que lors des élections cantonales de 2011 (Argenton-sur-Creuse 2,02 % et Châteauroux-Ouest 1,66 %).
De plus, l’attitude de Communistes (fraction issue du PCF, créé en 2002 et présents dans 5 cantons) n’a pas facilité les choses. Dans leur profession de foi, ils nous accusaient : « ils sont complices : le PG, le PC, le NPA, les Verts, etc. multiplient les slogans sur le “partage des richesse” mais refusent de s’attaquer au capitalisme ». En lisant entre les lignes, nous comprenons qu’ils insinuent que le NPA est un parti de guignols qui se revendiquent révolutionnaires mais qui ne l’est pas. Étrange de recevoir ce style de remarques d’un parti qui n’est pas présent dans les luttes et seulement visible durant les élections. Nous pensons qu’il y aura une suite à cette histoire.
Lors du dépouillement du premier tour, le PS, lui, nous a accusés d’être responsables du fait qu’ils n’étaient pas au second, cela au profit du FN. Nous leur avons répondu que nous n’étions pas responsables de leur politique nationale et qu’ils ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes.
L’UMP et le FN étant donc seuls au second tour, nous avons indiqué dans un communiqué que nous allions voter blanc.