samedi 20 août 2016

      Communiqué de presse:  Cocos de Paimpol

 


coco

Les ramasseurs de cocos paimpolais seront ils plumés?

Le « coco » de Paimpol, un haricot sec, est un produit agricole AOC , un produit de qualité donc plus cher que les cocos classiques. A l’occasion de l’ouverture de la saison 2016, la CGT dénonce des conditions de travail et surtout une rémunération ne respectant pas le socle minimum du SMIC.
A cet effet , le mercredi 27 Juillet 2016 , une délégation CGT est intervenue lors d’une réunion d’information à Langoat dans les Côtes d’Armor et a dénoncé cette situation face à des agents de Pôle Emploi, d’un représentant des copératives et devant une soixantaine de demandeurs d’emploi . Nous rappelons que les réunions d’information et de recrutement ( 2000 à 2500 plumeurs) sont organisées par Pôle Emploi.

Comment se passe une journée de travail :
Tout d’abord, selon Pôle Emploi, il faut s’équiper: d’un parasol , d’une casquette , de gants , de bottes , d’une bâche achetée sur vos propres deniers, d’un ciré , et de votre chaise etc . Imaginons un instant par exemple que les maçons ou les conducteurs de car achètent leur matériel pour aller travailler ?….
Assis sur des chaises, avec ou sans gants, l’équipe sépare les gousses des fanes. Le coco de Paimpol a reçu l’appellation AOC (appellation d’origine contrôlée) en 1998. Il doit donc respecter un cahier des charges précis : « Il faut plus de trois graines par gousse et couper la queue bien courte. »
Du lever du soleil à une heure bien avancée de la journée, il faut ramasser les fanes sur le champs, ne prendre évidemment que les mûres!, les ramener sur votre bâche ,vous asseoir sur votre chaise, et bien entendu plumer vos haricots.
Les plumeurs ont les yeux rivés sur le sol ou sur leur tas de haricots; ce sont les ouvriers de la terre. Ils sont des milliers à travailler la saison autour de Paimpol dans le Côtes d’Armor entre la mi-juillet et octobre. Ce sont de temps en temps de très jeunes à la recherche d’un peu d’argent de poche, parfois des retraités venus donner un coup de main aux paysans. Mais presque toujours, les cocos, c’est un gagne-pain à part entière pour deux ou trois mois et pour beaucoup de travailleurs bretons. Et plutôt qu’un gagne-pain, c’est un gagne-misère.

Comment sont payés les saisonniers?
Les haricots sont payés au kilo ramassé. Cette année, l’agriculteur paie à ces ouvriers 0,45 centimes le kilo. L’ouvrier peut prétendre à une rémunération au SMIC, en remplissant des caisses de 18 kilos toutes les heures et ceci à un rythme de travail très soutenu. Dans certai- nes zones de culture, il y a aussi beaucoup de déchets, et le saisonnier ne pourra guère mieux faire que ramasser plus de 10 kilos toutes les heures! Cela signifie : qu’il faut pour prétendre à un SMIC, que les salariés s’ astreignent à des journées de 10, 12, 14 heures , et qu’ils ramassent plus de 130 kilos de coco /jour .

Commentaires de la CGT:
Nous conseillons aus saisonniers de tenir un relevé des horaires qu’ils passent dans les champs à ramasser les cocos. Avec ce relevé, ils pourront éventuellement aller devant le conseil des prud’hommes pour demander le paiement des heures effectuées même s’ils n’ont pas ramassé les 130 kilos…..
Le relevé des poids de cocos ramassés n’est pas suffisant pour se défendre même s’il faut assister en personne à la pesée, pour éviter les sous estimations. La convention collective départementale de la « polyculture élevage et cultures de plein champs » a prévu un salaire net  à la tache pour les cocos. Il a été fixé à 0.44 EUR/kg mais l’UCPT, la coopérative, a « généreusement » décidé d’accorder un salaire de 0.45 EUR / kg.

Voici le calcul du salaire à la tâche: 
Pour toucher un SMIC, il faut ramasser 130 kg en 7 heures, soit 18.571kg à l’heure. Le SMIC horaire est de 9.67 EUR brut majoré des 10 % de congés payés, cela fait un salaire horaire brut de 10.637 EUR. Le taux de cotisation MSA pour cette activité est de 22.995%.
Donc 10.637 EUR-22.995% = 8.19 EUR/h net, soit pour un kilo : 8.19/18.571 = 0.44EUR/kg.
Si le repas est pris en charge par le paysan se référer à la convention collective annexe 1( avantage en nature).
Si le salarié ramasse plus de 18.571kg à l’heure le salaire à la tâche, cela est alors plus favorable. Sinon il faut qu’il note ses horaires et réclame le paiement du SMIC horaire soit 9.67 EUR/heure majorés des 10% de congé payé.
Donc il est important qu’il fasse des relevés horaires.
La jurisprudence est constante sur le sujet:
 " Même si une convention prévoit un salaire à la tâche que l’employeur doit contrôler les horaires et respecter le SMIC horaire"

Nous revendiquons la prise en charge par les employeurs des gants, de la bâche, voir des chaises.Comme pour tous les salariés, l’employeur se doit d’appliquer les conditions d’hygiène élémentaire, ce qui n’est jamais le cas: poste d’eau pour se laver les mains, savons, et toilettes, d’autant qu’un grand nombre de femmes sont saisonnières….Nous suggérons d’ailleurs à la DIRECCTE de vérifier ces questions.
Enfin, La CGT attire l’attention des employeurs mais aussi de l’Etat sur les difficultés de logement de saisonniers venus d’autres régions ou parfois de salariés immigrés, bulgares roumains…Il est inadmissible que nous les retrouvions dormant dans les abris bus….ou des abris de fortune. Un certain nombre d’élus du secteur ont d’ailleurs interpellé l’Etat sur ce sujet, notamment le maire de La Roche Derrien.
Pour toutes difficultés rencontrées, les Unions Locales CGT de Lannion et Guingamp se tiennent à la disposition des saisonniers.

Pour les UL CGT Lannion et Guingamp

 le 15 août 2016

cgt-guingamp@orange.fr