vendredi 24 juillet 2026

pontrev

 

Ehpad de Pontrieux : les personnels et l’intersyndicale CGT/FSU/Solidaires de Guingamp lanceurs d’alerte

Une histoire révélatrice des conditions de travail

En 2025 une salariée de l’Ehpad de Pontrieux (Côtes-d’Armor) est condamnée au pénal à huit mois de prison avec sursis, 2 500 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour « violence aggravée suivie d’incapacité totale de travail supérieure à huit jours » sur la directrice de l’établissement. Fin de l’histoire ? Pas sûr.

La version de la salariée est bien différente. Poussée à bout par la direction, elle aurait tenté de s’auto-mutiler. Le certificat médical du médecin présent sur place atteste en effet de scarifications sur le poignet de la soignante.

Les faits dont elle est accusée se sont produits avant une réunion d’équipe, en mars 2025. Faits qu’elle conteste. Elle a donc fait appel de la décision du tribunal.

Une justice patronale, ou le mythe de l’indépendance du système judiciaire ?

Lors du procès en première instance, seuls ont été retenus les éléments à charge. La magistrate en préambule déclarant et indiquant d’emblée que nous n’étions pas aux prud’hommes, et que l’on ne ferait pas le procès de l’Ehpad. Les témoignages décrivant un contexte de travail difficile ont été balayés d’un revers de manche, les éléments explicatifs du passage à l’acte mis au rebut dans la précipitation.

Une injustice flagrante aurait-elle été commise ?

Depuis quelques semaines, d’autres salariés témoignent des conditions de travail dégradées au sein de l’Ehpad.

Dans un texte commun, les syndicats tenus à un devoir d’alerte évoquent, comme ils l’avaient déjà fait l’année dernière en septembre, « un climat anxiogène » avec « des violences verbales, des dénigrements et pressions entraînant des démissions et une multiplication des arrêts maladie pour dépression ».

Lors d’une conférence de presse, les trois syndicats engagés auprès des salariés attendent des gages de la part de la justice et de l’autorité de tutelle, l’agglomération de Guingamp Paimpol.

Ils annoncent que « si rien ne change », ils sont en mesure de « construire un dossier en justice » pour dénoncer un harcèlement moral institutionnel. L’intersyndicale de Guingamp appelle le président de l’agglomération à « assumer ses responsabilités et protéger comme la loi l’y oblige, les salarié.es placé.es sous son autorité ».

Un travail syndical unitaire efficace mené avec les personnels concernés

Ce travail d’accompagnement des salariés en souffrance au travail dans le secteur médico-social n’est malheureusement pas un cas isolé.

Il est indispensable de construire ou de reconstruire de la solidarité collective pour contrer la mise à mal des collectifs de travail décidée par les patrons dans un contexte de contrainte budgétaire drastique.

Il faut s’organiser pour élire des représentants syndicaux combatifs et déterminés qui puissent défendre et dire leurs droits aux salarié.es et jouer le rôle de lanceur d’alerte. En clair, s’autoorganiser pour se défendre et au-delà être des travailleurs qui protègent aussi les plus démunis et fragiles, souvent nos parents ou grands-parents en maison de retraite.

Changer d’appellation en dénommant les Ehpad « Maisons France autonomie » ne coûte pas un centime : c’est de la com’ gouvernementale…

Dans une petite ville comme Pontrieux, qui se proclame petite cité de caractère pour touristes, les travailleurs et travailleuses ne doivent rien lâcher !

Correspondante

mercredi 22 juillet 2026

SELMA

 



Vous disposez d'un peu de temps et de beaucoup de sympathie pour nos idées et notre engagement politique.

Vous connaissez des maires et des élus conseillers départementaux, régionaux, sénateurs, députés.

Vous pouvez les solliciter pour parrainer la candidature de SELMA.

A cet effet nous avons produit un tract de présentation et une promesse de parrainage, vous pouvez nous la demander via notre messagerie: npabear@gmail.com


RAPPELLONS QUE LE PARRAINAGE EST UN ACTE ADMINISTRATIF DEVOLU A CERTAINS ELUS ET NE CONSTITUENT PAS UN SOUTIEN A NOTRE PARTI...      

vendredi 17 juillet 2026

nokia

Nokia Lannion : nouveau coup dur pour les salariés

Inauguration des locaux de Nokia Lannion en présence du gratin politique et économique local.

Petit rappel historique sur les promesses tenues en 2015 par un certain Macron, ministre de l’Économie de Hollande, le pourfendeur du capital… la veille des élections.

« Les engagements pris seront suivis dans le temps par une commission composée de représentants de l’État et de syndicats. Le rapprochement entre Alcatel-Lucent et Nokia prévoit des garanties de l’emploi pendant deux ans et l’embauche de 500 chercheurs pendant quatre ans, à compter du lancement de l’OPE (offre publique d’échange). »

Celui qui allait devenir président déclarait sans vergogne :

« Je ne fonctionne pas à la nostalgie. Je crois au volontarisme lucide. On peut penser qu’il vaut mieux rester Français et seul, si c’est pour finir en mauvais état et avec beaucoup de licenciements, ce n’est pas une solution. Il faut être réaliste, il y a une excellence française, il y a une reconquête. Ma préoccupation, c’est que tous les emplois soient maintenus, c’est qu’on développe l’excellence de ce groupe, qu’on conquière des parts de marché »

Depuis les plans sociaux et surtout les fameuses ruptures conventionnelles collectives (RCC) se succèdent. Les RCC ont l’immense avantage pour le patronat et le capital d’abolir la notion de licenciement économique et de placer les syndicats en position de spectateurs de la casse sociale.

Encore un nouveau plan !

Finalement l’ancien PDG d’Alcatel, Serge Tchuruk, l’avait prédit en juin 2001 : « Alcatel doit devenir une entreprise sans usines »… et sans bureaux d’études, il n’avait pas dû finir sa prophétie.

Les salariés pensaient avoir un peu de répit, car la précédente RCC (2025) s’étalait jusqu’à fin juin 2025. Il n’en est rien ! La direction de Nokia a convoqué les délégués syndicaux centraux pour leur annoncer la mise en place d’une nouvelle RCC (2026), avec à la clé la suppression de 195 postes en France dont 28 à Lannion. Les départs doivent se réaliser avant fin décembre 2026 et le site de Lannion verra son effectif se réduire sévèrement à moins de 400 salariés. Selon de délégué syndical CGT Abderrahim El Boujarfaoui, les salariés craignent la disparition pure et simple du site Nokia Lannion.

Sur les ruines de l’industrie des télécommunications, élus et patrons se gargarisent de la création de quantités de startup, souvent créées par de l’argent public ou les mannes financières des plans sociaux et des aides sans aucune contrepartie des collectivités locales. Startup fragiles qui sont régulièrement revendues à de plus gros groupes et se réorientent sans bruit vers l’industrie d’armement : Exail, Armor Arsenal, TDP, Inanox,TompAéro, M3Systems, Lumibord, Drone Act…

La course à la rentabilité du capital et la concurrence inter impérialiste ne sont pas que des concepts abstraits.


lundi 13 juillet 2026

 

Algues vertes : la pollution va continuer de plus belle

La pollution marine due aux algues vertes est causée par les nitrates produits par les déjections des animaux (surtout les porcs) élevés dans des élevages industriels. Ces algues dangereuses prolifèrent dans huit baies et treize secteurs vasiers de Bretagne couvrant plus de 2 000 hectares. Elles ont coûté la vie à trois personnes depuis 1989. En 2021, dans un premier rapport fort de 300 pages, la Cour des comptes pointait déjà l’inaction de l’État dans ce domaine. Cinq ans plus tard, elle vient de publier un second rapport tout aussi sévère que le premier. Elle constate que sur les 33 recommandations et pistes d’action qu’elle avait proposées à l’époque, seules sept ont été suivies avec plus ou moins d’effet. Le reste a été superbement ignoré. Bien mieux, l’État a encore assoupli la législation permettant l’ouverture ou l’agrandissement d’élevages industriels en accroissant d’autant la pollution et la prolifération des algues.

uco

 

Guingamp : première grève à l’université catholique de l’Ouest (UCO)

Crédit NPA-R

Une situation anachronique à l’UCO Guingamp

Mardi 7 juillet, pancartes revendicatrices, drapeaux et chasubles de la CGT colorent un rassemblement d’une vingtaine d’enseignants chercheurs et de soutien réunis à l’entrée du campus. Cette grève a révélé au public la situation sociale de crise au sein de la vénérable institution catholique.

L’UCO est implantée dans une ancienne caserne de l’armée, dans les bâtiments qui furent pour la Bretagne le centre de préparation au service militaire du temps de la conscription. Hier le sabre, aujourd’hui le goupillon.

Une situation sociale sous tension

L’UCO est un établissement d’enseignement supérieur privé associatif, implanté de longue date sur le territoire costarmoricain, qui accueille chaque année près d’un millier d’étudiants (dont une part importante de boursiers) et qui bénéficie de soutiens financiers publics.

Sa filière « psychologie » représente les plus gros effectifs, formant désormais environ 250 étudiants de la première année de licence à la deuxième année de master, leur permettant d’acquérir le titre de psychologue. Cette filière génère une partie importante des ressources financières de l’association et est largement bénéficiaire.

Ses huit enseignants permanents, soutenus par des enseignants d’autres filières, faisaient grève pour alerter publiquement sur les incertitudes pesant sur la prochaine rentrée en psycho : en effet, deux d’entre eux, une enseignante et un enseignant, engagés depuis plusieurs années, ont reçu un courrier de la direction les informant du non-renouvellement de leur contrat. Et une annonce d’une baisse très conséquente des moyens humains octroyés (plus d’un équivalent temps plein) a été faite, alors même qu’une année de formation supplémentaire ouvre (master 2).

Par ailleurs, les enseignants considèrent que la manière dont les décisions sont prises par la direction et présentées au personnel le sont sans considération de leur surcharge de travail, déjà très importante cette année. Cette maltraitance institutionnelle a généré une importante souffrance pour nombre d’entre eux, conduisant à plusieurs arrêts-maladie.

Les grévistes demandaient :

  • la reconduction immédiate des contrats des deux collègues concernés ;
  • un recrutement supplémentaire pour assurer les moyens d’encadrement des étudiants de cette filière à la rentrée ;
  • l’arrêt de la dégradation des conditions de travail causée par la restriction des moyens accordés et par l’absence de concertation.

 

La réponse de la direction fut de proposer aux deux enseignants en CDD de postuler sur… leurs propres postes, ouverts au recrutement.

Un mépris somme toute peu chrétien !

La gréve coïncidant avec la fin de l’année scolaire le mouvement rebondira-t-il en septembre ?

Correspondant