samedi 23 novembre 2024

bus

 

Les conducteurs de bus de Saint-Ouen-l’Aumône en lutte

Depuis le 7 novembre, les conducteurs de bus du dépôt de Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, sont en grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Plus de 80 % d’entre eux ont cessé le travail, des intérimaires, bien que non-grévistes, leur apportent leur soutien.

Une politique patronale écrasante

Cette colère fait suite au rachat des dépôts de Saint-Ouen-l’Aumône et de Conflans-Sainte-Honorine, en janvier dernier, par Francilité Seine et Oise, filiale du groupe Lacroix-Savac. Sous cette nouvelle direction, les chauffeurs ont vu leurs conditions de travail se détériorer : allongement des tournées, réduction, voire suppression des pauses, des trajets jugés « intenables en respectant le code de la route ». Ces cadences entraînent des tensions avec les usagers, accentuant encore la pression sur les conducteurs. Mais tout ne réside pas dans ce rachat, cette dégradation est la même partout quelle que soit l’entreprise. Les appels d’offres sont un moyen de tirer les « coûts » vers le bas, aux frais des travailleurs.

Des revendications claires et légitimes

Face à cette situation, les conducteurs revendiquent des temps de pause suffisants, des plannings adaptés, une revalorisation des primes pour les services de nuit, un accès à des sanitaires et le renouvellement de bus vétustes. Beaucoup témoignent d’un salaire bien en deçà de ce qu’on leur avait promis après leur formation et veulent être augmentés. Ces exigences sont des nécessités pour garantir à la fois leur sécurité et celle des usagers.

Les grévistes ont installé un piquet de grève devant le dépôt, interpellant à la fois la direction et les passants.

Une direction qui ne veut rien entendre

Malgré l’urgence de la situation, la direction refuse d’ouvrir des négociations tant que le piquet de grève demeure. Mais les grévistes comptent bien maintenir la pression jusqu’à obtenir des réponses concrètes.

La grève touche également le dépôt de Conflans, mais sans réelle coordination entre les deux sites. Les communications passent principalement par les représentants syndicaux, pourtant une mobilisation coordonnée par les grévistes eux-mêmes pourrait constituer une force bien plus à même de faire plier le patronat.

Une lutte qui continue et qui pourrait aussi s’étendre

Cette grève met en lumière des problèmes partagés par l’ensemble des conducteurs de bus, qu’ils travaillent pour Transdev, Keolis, la RATP ou d’autres exploitants.

21 novembre 2024, Correspondant

recherche

 

La recherche scientifique sous la tutelle d’un curé ou d’un antivax ?

Patrick Hetzel, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, doit désigner, début janvier, un candidat pour présider le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, l’organisme chargé d’inspecter les établissements, formations et équipes de recherche. Il s’agit de remplacer le directeur actuel, le mathématicien Thierry Coulon. Or l’un des deux favoris du ministre, Michel Deneken, est un prêtre et théologien à la tête de l’université de Strasbourg depuis 2016. L’autre, Frédéric Forest, est associé au Centre de recherches psychanalyse, médecine et société, vertement critiqué par le milieu scientifique pour son manque de sérieux. De plus, en pleine pandémie du Covid-19, il avait écrit une lettre ouverte à Macron pour qu’il autorise l’usage de l’hydroxychloroquine, le traitement bidon préconisé par Didier Raoult, avant même la fin des études cliniques. Avec deux « scientifiques » de ce calibre, la recherche est mal barrée.

mardi 19 novembre 2024

edito

 

Face aux attaques patronales et gouvernementales : pas question d’accepter les sacrifices !

300 000 emplois sont actuellement menacés dans des grandes entreprises de la chimie, de l’automobile, de la grande distribution, et chez leurs sous-traitants. Des entreprises qui accumulent pourtant des profits, grâce au travail de ces salariés qu’elles veulent maintenant jeter dehors.

Les travailleuses et travailleurs produisent toujours plus, mieux, plus vite. Mais qui en profite ? Les patrons, qui imposent toujours plus de sacrifices : licenciements, augmentation des cadences et du temps de travail ou pertes de salaire. L’entreprise de verrerie Saverglass, a ainsi proposé, après des mois de chômage partiel, la baisse des salaires de 5 % !

Le gouvernement n’est pas en reste dans la fonction publique, avec les trois jours de carence et les suppressions de postes. Apprenant que le patron milliardaire Elon Musk était chargé par Donald Trump d’anéantir des emplois publics par milliers, le ministre français de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, s’est fendu d’un message de félicitations sur les réseaux sociaux : qui se ressemble s’assemble.

Et voilà que le Sénat a déposé un amendement à la loi de finances de la Sécu qui obligerait les salariés à travailler sept heures de plus gratuitement. Proposition que le ministre de l’Économie trouve « intéressante » et « judicieuse » !

Devant la colère des salariés, le Premier ministre fait les gros yeux aux groupes qui licencient tout en faisant des bénéfices et en empochant les aides publiques, les Auchan, Stellantis et autres Michelin. Mais c’est bien pour rembourser ces milliards de cadeaux que Barnier veut faire passer 60 milliards d’économies dans le budget 2025.

Tous ensemble !

Des grèves sont en cours ou ont eu lieu contre les licenciements, comme chez Valeo à La Suze-sur-Sarthe (Sarthe), Vencorex au Pont-de-Claix (Isère), Michelin à Cholet (Maine-et-Loire), MA France à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)…

D’autres concernent les salaires, comme chez H&M ou dans l’entreprise de nettoyage Atalian dans les Bouches-du-Rhône, ou dans certaines filiales Keolis dans l’Allier, l’Hérault, l’Oise, les Yvelines et le Val-d’Oise.

Une grève de la fonction publique est prévue le 5 décembre. Une journée de mobilisation aura lieu le 10 décembre dans l’enseignement supérieur et la recherche. Une grève débutera le 11 décembre à la SNCF contre son démantèlement. Entre-temps, les agriculteurs devraient aussi être mobilisés…

Le gouvernement et le patronat essaient de nous isoler et de nous monter les uns contre les autres. Nous devons nous armer contre toutes les tentatives de division, que ce soit entre salariés du public et du privé, ou entre salariés des différents pays. Ce n’est pas en fermant les frontières au nom du « protectionnisme » que l’on empêchera le patronat d’exploiter et de licencier. Leur plus grande peur est que nos luttes convergent, que les salariés menacés de licenciement se coordonnent, que des actions communes soient décidées par les grévistes.

La seule solution, c’est de nous battre, ensemble, à l’image du mouvement contre la vie chère qui touche la Martinique depuis deux mois.

Alors oui, chaque journée de lutte doit devenir un point de ralliement et être une étape dans la construction de la lutte collective ! C’est la seule voie pour arracher l’interdiction des licenciements, le partage du temps de travail sans perte de salaire, des augmentations à la hauteur de l’inflation, l’embauche définitive des précaires et des emplois partout où ils manquent cruellement, pour des services publics de qualité, notamment dans les transports, la santé et l’éducation.

C’est nous qui faisons tourner la société, c’est à nous de décider !

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 18 novembre 2024

 

lundi 18 novembre 2024

pemp real a vo

 


sed lex

  

                                                SED LEX DURA LEX


SELON QUE VOUS SEREZ MARINE LE PEN OU LANCEURS DE POUBELLE A GUINGAMP LA LOI NE SEMBLE PAS S'APPLIQUER AVEC LA MEME VIGUEUR...




    Chacune et chacun se souvient des condamnations en Janvier dernier à des amendes et à de la prison avec sursis contre trois syndicalistes de Guingamp poursuivis pour un jet de poubelles sur les gendarmes...Aucun blessé , aucune journée d'incapacité de "travail"...

    Certes le cas de Marine Le Pen est largement supérieur en terme de dégâts causés  avec 4,5 millions d'euro piqués dans les caisses de l'Union Européenne. La possible condamnation de la cheffe des fachos, pour l'instant ce ne sont que des réquisitions du parquet, semble émouvoir une grande partie de la classe politique.

    Ce qui démontre une fois de plus que selon que vous serez puissant, le RN soutient le gouvernement Macron Barnier, ou militant syndical ou politique, voir gamin de la banlieue le traitement de la classe politique institutionnel est bien différent?

    Jean Valjean fut condamné au bagne pour un quignon de pain, gageons que la députée d'Hénin Beaumont n'ira pas à Cayenne...


Le comité NLM du NPA.R


    

samedi 16 novembre 2024

boeing

 

Les travailleurs de Boeing obtiennent des augmentations de salaire substantielles, mais de grands défis les attendent

Après sept semaines de grève, les trente-trois mille machinistes de Boeing, membres de l’Association internationale des machinistes (AIM), ont voté à 59 % en faveur d’un nouveau contrat de quatre ans le 3 novembre. Pas moins de 41 % des travailleurs ont tenu à marquer leur désaccord et leur volonté de continuer à en découdre avec la direction.

Cet article de l’organisation Speak Out Now revient sur cette conclusion – provisoire ? – du conflit à Boeing.

Des hausses de salaire arrachées par la détermination des grévistes…

Le nouveau contrat prévoit une augmentation des salaires de 38 % d’ici à 2028, soit deux fois plus que ce que l’entreprise proposait au début de la grève. Boeing versera une prime annuelle minimale de 4 % ainsi qu’une prime de signature de 7 %.

Pour obtenir ces augmentations de salaire, les plus importantes du secteur manufacturier en 2024, les machinistes de Boeing ont dû se rebeller contre les pressions exercées par les responsables syndicaux pour qu’ils acceptent des offres inférieures aux normes. Jon Holden, président de l’IAM Lodge 751, qui représente la plupart des machinistes de Boeing, a recommandé d’accepter l’offre initiale de l’entreprise, qui était de 25 % sur quatre ans. Il affirmait alors qu’une grève ne déboucherait pas nécessairement sur un meilleur contrat. Lorsque les travailleurs ont voté en faveur de l’augmentation de 38 %, ils avaient déjà rejeté deux offres provisoires présentées par le syndicat, qui étaient bien en deçà de ce chiffre.

… qui n’a pas suffi à rétablir les pensions de retraites garanties

Outre de fortes augmentations salariales, les travailleurs de Boeing ont également exigé le rétablissement des pensions de retraite garanties, un objectif qu’ils n’ont pas atteint. En 2014, Boeing avait demandé à l’AIM de laisser l’entreprise mettre fin aux montants mensuels négociés et passer à des pensions dont les versements varient en fonction des aléas du marché boursier.

Les responsables de l’IAM ont fait cette concession dans l’espoir que Boeing accepte de ne pas déplacer la production des nouveaux modèles d’avions vers des usines non syndiquées1. Malgré la capitulation de l’IAM sur les retraites, Boeing a transféré toute la production de son dernier avion, le 787, dans son usine non syndiquée de Caroline du Sud en 2021.

La lutte de classe va continuer à Boeing

Le fait que 41 % des grévistes aient voté contre l’offre du 3 novembre après deux mois de grève montre qu’une grande partie des membres reste insatisfaite de la direction de l’AIM. Cette forte minorité est d’autant plus significative que la direction de Boeing menaçait, en cas de rejet de cette dernière proposition, de ne pas faire une offre aussi « généreuse » et d’étendre ses activités non syndiquées.

Alors qu’ils sont confrontés à des pressions accrues sur leur lieu de travail, les travailleurs de Boeing ont démontré qu’une grève peut contraindre à des concessions même une entreprise très obstinée en proie à des difficultés financières. Les travailleurs de l’usine non syndiquée de Charleston, en Caroline du Sud, sont confrontés aux mêmes problèmes que ceux qui ont provoqué la grève à Seattle. Le mécontentement à l’usine de Caroline du Sud a tellement augmenté que le Wall Street Journal rapporte que l’entreprise s’attend à ce qu’elle soit confrontée à une campagne de syndicalisation.

Les antécédents de l’actuelle direction de l’IAM font douter qu’elle soit en mesure de défendre ses membres contre une pression accrue en faveur de la productivité. Les travailleurs de Boeing à Seattle devront compter sur eux-mêmes pour organiser une lutte sérieuse afin d’empêcher la direction de les désigner comme boucs émissaires pour les problèmes de production médiocre qu’elle a causés et qu’elle continue de causer. De même, le succès de la syndicalisation en Caroline du Sud dépendra au bout du compte des efforts de militants de l’usine et pas de l’aide que l’appareil de l’AIM peut offrir. Penser autrement, c’est ignorer les leçons de la grève qui vient de s’achever.

Speak Out Now, 9 novembre 2024

1 Rappel : aux États-Unis, un syndicat n’a d’existence légale dans une entreprise que si les salariés, convoqués à une sorte de référendum, votent à plus de 50 % pour que telle ou telle organisation les représente. Si le vote est positif, le syndicat devient l’organisation représentant les salariés de l’entreprise, qui en sont tous automatiquement membres – les cotisations sont prélevées à la source, comme les impôts chez nous, donc avec l’aide du patron. Si le vote est négatif, l’entreprise reste « non syndiquée ». Il est toujours possible d’adhérer individuellement à un syndicat, mais cela relève alors d’une démarche très militante, dont l’immense majorité des ouvriers ne voient pas l’intérêt.

trump