jeudi 9 mars 2017

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Bégard – Bon Sauveur – Les salariés à la rue sont dans la rue

Date de l'évènement:    Mardi, 7 Mars, 2017








 
Mardi 7 mars (2017), les syndicats Sud Santé Sociaux et CGT de la fondation Bon Sauveur ont appelé l'ensemble du personnel à un mouvement de grève pour protester contre les conditions d'exercice de leurs métiers, le gel des rémunérations depuis 9 ans et l'absence de reconnaissance. Ce n'était pas un mouvement seulement...
...  local ! A Lannion, à Paimpol, à Saint-Brieuc, à Plougernevel, à Dinan, hôpitaux généraux ou psychiatriques des Côtes d'Armor, tous les personnels étaient mobilisés. "On a besoin de souffle au niveau budgétaire, expliquent Julien Le Coz et Virginie Motreff, de la CGT Bon Sauveur. La qualité des soins se dégrade et cela va s'accentuer… La tarification T2A (tarification à l'activité) mise en place en 2005-2006 a commencé à mettre les premiers clous sur le cercueil". Pour eux, on est dans une logique de rentabilité. L'hôpital fonctionne comme une entreprise ; Tout doit être rentable ; "Alors, on parle de mutualisation, de redéploiement… mais concrètement on aboutit à des suppressions de postes". "Sur un plan plus local, poursuivent-ils, … on est en train de chercher des lits pour installer des gens. On les met dehors parce qu'on a besoin de place… Actuellement, nos rémunérations n'ont pas été réévaluées depuis 2011 et on se retrouve avec une catégorie de salariés qui ont des salaires de base conventionnels en dessous du SMIC ; Ils ont une compensation, versée par l'entreprise, pour atteindre le SMIC". Conséquemment, expliquent nos interlocuteurs, certains "travailleurs pauvres" se posent la question de la nécessité de prendre un deuxième emploi et on peut s'interroger de ce fait sur la qualité des soins apportés par une personne qui a deux emplois. "C'est un cri d'alerte, concluent-ils ; On a besoin de moyens pour que les salariés soient convenablement rémunérés, pour que les patients puissent être accueillis comme il le faut, et que les soins puissent leur permettre de sortir en bonne situation psychologique".
Même discours, mêmes sentiments, de la part des représentants du Syndicat Sud Santé Sociaux, majoritaire au sein de la Fondation ; "Notre métier et l'accompagnement des patients à la Fondation Bon Sauveur se dégradent jour après jour : Salaires bloqués depuis 2009, baisses d'effectifs, l'austérité qui nous tue à petit feu et les patients qui trinquent… sauf les plus riches, cela va de soi".  Selon eux, les coupes budgétaires se traduisent par le non remplacement des départs à la retraite, des fermetures de lits, et l'externalisation des services. "On a l'impression d'être tout le temps au travail, les repos hebdomadaires sont déplacés et on a le sentiment de n'être pas reconnu dans nos métiers".
D'ailleurs les délégués regrettent l'absence dans leur rang de représentants de la direction. "On a besoin d'être relayé par les employeurs, d'autant qu'eux aussi subissent et on attend plus de relais de leur part sur le plan local et une politique sociale qui soit effective sur la Fondation qui est très en deçà de ce que l'on peut attendre d'un employeur"
Gilbert Le Blévennec, apparemment seul cadre présent, pense que c'est un métier difficile ; "Les gens sont en situation de travail en horaires atypiques, sans valorisation réelle depuis 9 ans… et on peut comprendre que les gens soient là, dans une manifestation soutenue ; Et ceux qui ne participent pas ne sont pas forcément désolidarisés, mais on a des missions de service public à rendre et les postes ne peuvent pas être désertés".
Ils étaient néanmoins une bonne centaine à défiler en ville, banderole en tête, drapeaux siglés, sifflets, sirène, sono à fond et parapluies ! Eh oui… La pluie s'est invitée… Compatissante, à moins qu'elle fut compréhensive ; Ou partisane ; Comme le maire Gérard Le Caër et quelques adjoints, dont la candidate à la députation, Cinderella Bernard, l'ont été, et même plus que cela, solidaires du mouvement, lorsque les manifestants ont fait une halte devant la mairie. Pour la commune, le bien-être des salariés de Bon Sauveur est primordial. C'est le plus gros employeur ! Mais pas que ! Car tout cela n'est que le microcosme d'une société qui ne fonctionne plus, comme devenue folle… Partout, comme à Bégard ! Comme à Bon Sauveur !